Covid-19: Aujourd’hui, le nouveau départ!

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A défaut de pouvoir en échapper, autant  » vivre avec le virus » : la nouvelle tendance apparemment. La faute à un biais communicationnel?

Un formidable élan de solidarité au début fut paradoxalement le facteur non voulu de beaucoup de légèretés qui ont finalement abouti à l’opposé de l’effet escompte.

Des émissions télévisées de sensibilisation pendant lesquelles ce qui est dit est en contraction avec ce qui est vu : séance de thé collective, partage d’un même microphone, proximité physique, non ou mauvais port du masque, etc.

Une contradiction renforcée par d’autres sources d’informations qui parviennent au public, lors d’interviews, de remise de dons, de visites de suivi ou mêmes patrouilles ; à travers certaines décisions concernant le rapatriement de cadavres de personnes décédées du COVID-19, le dispositif presque surréaliste d’« extraction» des potentiels cas positifs au COVID-19. Après, on s’étonne que ces derniers voire les cadavres soient stigmatisés. Si on y ajoute la liste des sources potentielles de contamination : surfaces de contact, poignée de mains, embrassades, ustensiles, sports et autres jeux collectifs, etc., on pourrait comprendre que bon nombre de citoyens qui, historiquement, ont toujours vécu en groupes, à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs demeures, considèrent qu’ils n’y arriveront pas.

Un problème de communication !

La COVID-19 offre certainement là au Sénégal, une opportunité de lever cette confusion : pour informer, on peut se fier à des journalistes et donc à la presse mais pour communiquer, il faut des communicants. Deux compétences différentes.

Ainsi, si grâce aux médias, l’information est bien passée, on ne saurait en dire autant de la communication. Malgré la médiatisation à outrance, beaucoup de questions restent sans réponses : Comment nous laver régulièrement les mains alors que nous n’avons que deux seaux d’eau par jour pour toute une famille? Comment respecter la distanciation physique alors que les rues de nos quartiers ont une largeur de moins d’un mètre ? Alors que faute d’assez de nourriture, d’ustensiles, nous mangeons dans le même bol ? Pourquoi nous impose-t-on de rester chez nous alors que circulent des journalistes, des officiels, ou autres privilégiés, tous susceptibles comme nous, de faire « voyager » le virus ? Pourquoi nous a-t-on dit que le papier pouvait être vecteur de transmission du virus alors que l’on continue à vendre les journaux papier à tous les coins de rue ? Pourquoi ceux qui nous imposent le port du masque ne le portent que peu ou prou ? Comment assurer la fourniture de masques à tous les membres de notre famille, si répertoriés « informels », nous les seuls qui travaillons dans une famille nombreuse, non sommes des exclus du fonds COVID mais également sommes bloqués hors de la région de nos lieux de travail ? Pourquoi ne devrions-nous pas reprendre le chemin des terrains alors que nous avons vu ou su que Sadio Mané a rejoué et gagné avec Liverpool, que Kalidou Coulibaly a rejoué et remporté la Coupe d’Italie contre Cristiano Ronaldo, que l’Espagne et l’Allemagne ont rejoué ? Comment peut-on interdire le rassemblement au niveau des plages, pour nos pratiques sociales et religieuses ( baptêmes, mariages, deuils, prières, …,) alors qu’on voit un peu partout dans le monde des rassemblements de milliers personnes contre les violences policières (affaires Floyd at Adama Coulibaly ).

Ils sont alors nombreux aujourd’hui, à avoir décidé de vivre en ne pensant plus virus. La cassure est visible entre les « intellectuels » et les autres. La seconde partie semble plus nombreuse. Dans la plupart des quartiers populaires, les habitudes d’avant l’arrivée du virus ont repris : les boutiques de quartiers, kiosques de vente de café Touba, tables de vente de coucous ou bouillie, les « tangana », les gargotes, les sandwicheries, etc. fonctionnent à ciel ouvert parfois, faisant fi de toutes les recommandations à propos des mesures barrières. Dans beaucoup de ces quartiers, celui qui porte un masque en public devient même une attraction, tellement cela grouille de monde autour, de tous les âges, dans une étroite proximité physique et sans masque.

Un spectacle que certains sachants pourraient assimiler à un suicide collectif.

La communication devra plus prendre en compte des éléments facteurs d’impact pour planifier les interventions et décider : le doute, la peur, les décès, les guérisons, les personnes infectées, les normes sociales, les croyances culturelles et religieuses, les pratiques traditionnelles, les informations ne provenant pas de la cellule de crise, les gratifications, etc. Penser qu’il peut suffire de fournir des informations régulières et fiables au sujet de l’épidémie est une erreur de communication. L’expérience l’a prouvé. Surtout dans les pays en développement.

Je ne serais pas surpris par les résultats d’ un sondage qui diraient que 99% de ceux qui ont écoute le discours du Chef de l’Etat sont incapables de rappeler deux chiffres parmi tous ceux qu’il a exprimés, mais pourraient certainement dire sans hésitation qu’ils sont désormais autorises à circuler en toute heure, Une conséquence de leur écoute sélective,

Que Dieu nous protège tous!

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