A Kanel, une affectation aux dessous politiques d’un maître, fait râler: Une grève de 72 h décrétée par les enseignants

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A Kanel, une affectation aux dessous politiques d’un maître, fait râler: Une grève de 72 h décrétée par les enseignants

Les autorités académiques de Kanel et de Matam insistent sur la mutation de Kalidou Tall, mais les enseignants maintiennent que leur collègue est victime d’une injustice. Le maître d’arabe, en service à l’école élémentaire Sinthiou Bamambé 1 depuis 11 ans, a été affecté à Nguidjilogne. Selon lui, il a été sanctionné à cause de son militantisme à Pastef et, dit-il, «j’ai été amené très loin de Sinthiou Bamambé, pour me liquider politiquement».

Depuis plus d’une semaine, les écoles élémentaires du département de Kanel sont fermées. Après leur mot d’ordre de la semaine dernière, on avait cru que la situation de Kalidou Tall allait connaître un dénouement heureux. Mais ce n’est pas le cas, car les enseignants ont décrété, encore hier, 72 h de grève.

L’Ief de Kanel et l’Ia de Matam maintiennent leur position de l’affecter, mais ses collègues, au premier chef, le Sels/Kanel, disent niet et opposent un bras de fer avec une série de grèves.

Les enseignants sont en grève pour dénoncer la mutation «arbitraire et non justifiée» de leur collègue, Kalidou Tall. Les enseignants du département de Kanel soupçonnent une pression exercée sur les autorités académiques, par des hommes politiques du département.

Ce bras de fer a commencé l’année dernière, juste avant les vacances, après que l’Inspecteur de l’Education et de la Formation a proposé au «Oustaz», une mutation à Ngano. Une proposition tout de suite refusée par l’enseignant.

En service à l’école Sinthiou Bamambé 1, il s’est vu mettre à la disposition de l’inspection d’Académie de Matam, qui l’a affecté par la suite à Nguidjilogne, en octobre. M. Tall, du haut de son expérience de 11 ans dans l’enseignement, a été convoqué par l’Inspecteur de l’Education et de la Formation de Kanel, pour lui signifier sa mise à disponibilité à l’Ia de Matam.

L’enseignant a demandé à l’inspecteur les motifs de cette décision. «C’est ce qu’il n’aura pas de son supérieur hiérarchique, qui lui demande de se rapprocher de l’Ia, tout en lui remettant le document attestant qu’il est sous la tutelle de l’Inspection régionale», enchaînent les enseignants.

Dès lors, M. Tall refuse de prendre le document et contacte son responsable syndical pour l’informer. Abdoulaye Keita, Secrétaire général de Sels/Kanel, indique : «Quand le collègue m’a informé, j’ai contacté l’Ief de Kanel, il m’a servi la nécessité de service comme motif. Mais la nécessité de service, qui est une disposition dans l’administration scolaire, est encadrée».

Il poursuit : «C’est cet encadrement qu’ils (Ief et Ia) n’ont pas respecté. On devait le (M.Tall) consulter, car c’est un enseignant qui est dans une école de 12 classes et, durant ses 11 ans de bons et loyaux services, il n’a pas commis de faute administrative. C’est le non-respect du principe qui est à l’origine de notre mouvement d’humeur ».

Les enseignants du département de Kanel dénoncent la violation de la gestion démocratique du personnel. «Dans un cas de redéploiement, avec un enseignant expérimenté comme M. Tall, l’intéressé doit être consulté et il ne peut être muté que d’un commun accord. C’est une injustice.»

Kalidou Tall est en service dans l’une des écoles élémentaires de son village, Sinthiou Bamambé, il en est à sa onzième année. Pour lui, il a été sanctionné à cause de son militantisme politique.

«C’est mon appartenance au parti Pastef qui me vaut cet acharnement, car les autorités académiques m’ont listé trois postes pour me muter. Moi, j’ai compris qu’elles veulent me sortir de mon village pour mes positions politiques», note l’enseignant.

L’«Oustaz» poursuit : «Même si on m’affecte la minute qui suit, on va amener un autre, pourquoi donc le faire ? Le ministre même est mis au parfum de ce qui se passe».Selon lui, ses «déboires ont commencé» quand l’autorité préfectorale lui a donné raison sur un «différend avec les responsables de Sinthiou Bamambé, durant la période de réinscription sur les listes électorales».

«Je suis devenu l’homme gênant à abattre», dit-il. L’enseignant, qui est mandataire du Pastef, a été «informé» par ses supérieurs hiérarchiques. Il risque une sanction pour abandon de poste, à cause de son refus de rejoindre l’école de Nguidjilogne.

Pour l’instant, les autorités académiques ne veulent pas commenter cette affaire.

Le Quotidien

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