Affaire des 94 milliards : toujours pas de plainte contre Sonko, ni de suite pour la procédure de l’Assemblée

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Bien que des plaintes soient déposées dans l’affaire des 94 milliards par Ousmane Sonko contre Mamadou Mamour Diallo, les poursuites tardent à démarrer. Ce qui suscite des interrogations sur la volonté de la justice d’éclairer cette affaire dans laquelle le leader de Pastef accuse nommément l’ex-directeur des Domaines de détournement.

A quand le déclenchement des poursuites dans l’affaire des 94 milliards ? La question taraude les esprits, d’autant plus qu’Ousmane Sonko a déposé deux plaintes contre Mamadou Mamour Diallo qu’il accuse d’avoir détourné un tel montant, dans le cadre d’un litige foncier. L’une a été déposée auprès du procureur de la République et la seconde devant le juge d’instruction avec constitution de partie civile. Mais aucune des deux procédures ne connaît un début de traitement.

Pour la première, le procureur de la République avait expliqué les raisons pour lesquelles il n’y a pas encore d’enquête judiciaire. ‘’J’ai reçu une plainte portant sur 94 milliards. Nous avons un temps de traitement. D’ailleurs, les plaignants soutiennent avoir enquêté durant 8 mois ; nous aussi avons pris notre temps. Mais, entre-temps, l’Assemblée s’est saisie de l’affaire et pour ne pas faire désordre, nous attendons qu’elle finisse et nous aviserons en son temps, car nous tenons à ce que la lumière soit faite sur ce dossier’’, avait soutenu Serigne Bassirou Guèye, lors d’une conférence tenue le 12 juin dernier.

Seulement, pour Me Amadou Sow, membre du pool d’avocats d’Ousmane Sonko, cet argument ne tient pas la route. La robe noire considère que c’était une manière, pour le ministère public, de ne pas déclencher les poursuites, alors que, martèle-t-il, ‘’techniquement, c’est illégal, puisqu’aucun texte ne le lui interdit, du simple fait qu’il y a saisine de la commission d’enquête parlementaire’’. Pour lui, le maitre des poursuites pouvait bien ouvrir une enquête, dès lors que la commission avait publié son rapport.

Aujourd’hui, Me Sow espère que le juge d’instruction va fixer le montant de la consignation et entamer les auditions dans cette affaire. Un avis que partage Me Moussa Sarr qui, lui également, balaie d’un revers de main les explications et arguments servis, en son temps, par le procureur Serigne Bassirou Guèye. Il avance trois arguments pour étayer sa position. D’abord, en droit, soutient-il, ‘’lorsqu’une affaire fait l’objet d’une procédure judiciaire, une commission ne peut plus s’en saisir’’. Et si une commission est ouverte et qu’une procédure judiciaire est ouverte, l’Assemblée arrête ses auditions. Et enfin, argue Me Sarr, lorsque la commission rend ses conclusions, cela n’empêche pas l’ouverture d’une enquête. Encore que, souligne-t-il, ‘’le rapport du parlement ne lie pas la justice qui est libre, en vertu de la séparation des pouvoirs’’.

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