Aide à la presse : les patrons de ne jouent pas sur le même ton

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Quand l’argent sort les langues se délient, la lutte contre le Covid19 est polluée par l’aide allouée à la presse. Au Sénégal, la plupart des combats sont menés à l’approche d’une élection où lors de distribution de manne financière, l’aide à la presse donnée annuelle à certains organes de presse depuis plusieurs années, continuent à susciter une polémique au sein des patrons de presse. Certains regroupés au sein d’associations fustigent la méthode utilisée par le ministre pour la distribution de cette aide, tandis que d’autres se bousculent au niveau du ministère de la communication afin de récupérer leurs chèques. Depuis quatre jours, des dizaines de chèques sont remis chaque jour aux différents organes de presse au niveau national par les services du ministère, a noté un patron de presse dans l’anonymat.

Certains patrons dénoncent le manque de clarté dans la distribution de cette aide et le non respect des promesses du président de la République par ministre de la communication. Ils exigent la publication de la liste des bénéficiaires, et les montants donnés à chacun, ce qui est légitime et a été une exigence depuis belles lurettes de certains patrons de presse lésés durant des années dans la distribution de cette aide.

Pourquoi maintenant ?

La distribution de l’aide à la presse s’est toujours déroulée de la sorte, ou a été même pire sous le règne du régime sortant. Copinage et accointances politiques étaient des critères mis en avant pour pouvoir bénéficier de cette aide. Le groupe D média a toujours dénoncé la somme qui lui est versée, vu la taille de son groupe de presse, mais le patron de D média était seul dans son combat.

Par ailleurs, il ne faut surtout pas oublié que l’argent distribué par le gouvernement est une aide, pas une subvention moins encore une dette, dans ce cas de figure, le demandeur est mal placé pour exiger un droit de regard, même si c’est l’argent du contribuable. La sélection des organes de presse et la distribution de cette manne financière sont exclusivement réservées au gouvernement depuis 2000.

Les journalistes les grands oubliés

Un milliard quatre cent millions distribués aux patrons de presse, les journalistes en spectateurs n’ont que leurs yeux pour pleurer. Le plus gros du travail de la presse est abattu par les journalistes et reporters, affectés par la crise économique, certains sans salaires depuis deux mois, d’autres depuis toujours. Sans revenu stable, ils ont tous les problèmes du monde à joindre les deux bouts, il est tant que le gouvernement puisse donner à « ces soldats » leur part de cette aide.

Aida Diop

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