Amadou Sy, régulateur volontaire de la circulation aux maristes récompensé par une intégration dans la fonction publique

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L’engagement citoyen récompensé par une intégration dans la Fonction publique
L’Etat vient d’intégrer, dans la Fonction publique, le bonhomme de la circulation, Amadou Sy qui, depuis 16 ans et volontairement, régule la circulation dans certaines grandes artères notamment à l’entrée des Maristes.
L’engagement citoyen récompensé. Amadou Sy, le célèbre agent volontaire de la circulation sur la route de Hann, à l’entrée des Maristes, vient d’être intégré dans la Fonction publique par l’Etat. Cette décision du chef de l’Etat, matérialisée par le Ministère de la Fonction publique, est la juste récompense d’un engagement volontaire et bénévole que ce chef de famille ne cesse de faire montre depuis 16 ans.
« Ma famille et moi avons accueilli cette nouvelle avec beaucoup de joie, de fierté et surtout de modestie parce que quand je m’y engageais, je n’attendais aucune rétribution en retour. J’étais juste motivé par le souci de rendre service à mon pays », dit-il d’une voix pleine d’émotion.
Tous les jours, aux heures de pointes, aux moments les plus forts de la circulation, qu’il vente ou qu’il pleuve, ce grand gaillard, chasuble vert et casquette vissée sur la tête, essaie, tant bien que mal, de réguler la circulation devenue particulièrement dense sur ce tronçon depuis que le centre de contrôle technique a ouvert ses portes.
Il ne rechigne pas à cette tâche et s’en acquitte sans rien attendre en retour. C’est ce volontariat, cet engagement désintéressé, ce sens de l’engagement citoyen de haute facture que l’Etat a tenu donc à primer à travers cette décision inédite. Le message est clair.
A travers ce geste, les autorités ont, sans doute, voulu donner ce quinquagénaire en modèle de citoyen, un homme qui s’est engagé pour sa communauté sans attendre de savoir ce que son pays pouvait faire pour lui, comme pour paraphraser l’ancien président américain, John Fitzgerald Kennedy. Tout a commencé le 2 janvier 2000, un jour de vendredi, précise-t-il.
Ce revendeur de fûts en plastique, terrassé par la fatigue se repose sous l’ombre d’un arbre sur la route de Yarakh. Un embouteillage monstre se forme à cause d’un camion en panne. « Toute la circulation était bloquée. Je me suis dit pourquoi ne pas intervenir et essayer de dénouer cet écheveau. Ce que je suis parvenu à faire au bout de deux heures.
Le hasard a fait que j’avais un sifflet dans mes poches», se rappelle ce père de cinq enfants. C’est le déclic. Il a pris conscience que chaque Sénégalais, sans rien attendre, peut contribuer, d’une manière ou d’une autre, au développement de son pays.
Débuts difficiles
Mais les débuts furent difficiles, mais ce Haalpular a fait fi des qu’en-dira-t-on et autres quolibets qu’il n’a pas manqué d’encaisser. « C’était difficile, mais j’ai essayé, tant bien que mal, de faire abstraction des critiques parce que certains ne comprenaient pas ma démarche. Mais heureusement que beaucoup de gens m’ont félicité », raconte-t-il.
Dès lors, que sa femme a accepté son choix. Amadou Sy s’est senti pousser des ailes. Tous les matins, il quitte son quartier de Yeumbeul, tôt le matin, vient à Yarakh, à Colobane ou à Pompier pour réguler la circulation.
Finalement, c’est sur la route des Maristes qu’il s’est établi. Et c’est là qu’il s’est fait connaître. En 2009, une automobiliste l’a renversé. Amadou Sy s’en est sorti avec le bras cassé. Cela n’en a pas émoussé pour autant son engagement. Deux mois plus tard, il revient encore plus déterminé.
Aujourd’hui, si Amadou Sy a un message à lancer aux Sénégalais et surtout aux chauffeurs, c’est celui-ci : « changeons de comportement sur la route, il est temps. Cela éviterait beaucoup d’accidents. Le manque du sens de la responsabilité est la cause de presque tous les accidents de la route ». Paroles d’un citoyen modèle.
Le Soleil

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