APOLOGIE DU VIOL : QUE RISQUE LA PRÉSIDENTE DU CONCOURS MISS SÉNÉGAL ?

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APOLOGIE DU VIOL : QUE RISQUE LA PRÉSIDENTE DU CONCOURS MISS SÉNÉGAL ?
« Elle (Miss Sénégal 2020) n’a qu’à porter plainte contre celui qui l’a violée (…) On ne peut pas violer quelqu’un de majeur sans son consentement. Elle est majeure quand même », déclarait Amina Badiane lors d’une émission. Cette déclaration de la présidente du concours Miss Sénégal a suscité une vague d’indignation. C’est ainsi que nous avons accroché un juriste pour avoir son avis sur l’apologie du viol. « Il est important surtout pour certaines personnalités qui peuvent incarner même des institutions d’éviter certaines déclarations. L’apologie du viol c’est un écrit, un discours justifiant un acte réprimé par la loi. L’article 252 justement parle de l’apologie d’un crime ou d’un délit », explique Me Aboubacry Barro. L’article stipule : « seront punis d’un emprisonnement d’un à trois ans et d’une amende de 20.000 francs à 200.000 francs ceux qui par l’un des moyens annoncés par l’article 248 auront fait l’apologie d’un crime ou d’un délit ». L’article 248 parle des moyens de diffusion publique c’est-à-dire tout moyen destiné à atteindre le public comme la télévision, la radio et aujourd’hui l’internet.
« Le parquet doit s’en occuper »
Selon la robe noire, le viol c’est une absence de consentement. « On peut violer une personne parce qu’au préalable on l’a trompé. Il y’a un dol, il y a eu la violence. La violence elle n’est pas forcément physique. Elle peut être une violence morale sous forme de chantage, de promesse. Une fille qui est en quête de titre consacrant Miss Sénégal si elle a certaines propositions et des contre propositions ça peut justement l’amener à accorder une faveur qu’elle ne voulait pas accorder », a-t-il soutenu. Revenant sur la déclaration de la présidente du concours Miss, il a indiqué que cette déclaration est d’autant plus grave qu’elle émane de personne chargée de surveiller une personne qui est sous leur protection. « Ça peut être une circonstance aggravante venant d’une personne chargée de la sécurité, de la protection d’une fille qui est quand même vulnérable. Le Sénégal a ratifié des conventions de protection des personnes vulnérables. Par ailleurs, le parquet doit s’en occuper. Quand on parle de viol et d’apologie à un viol l’ordre public est atteint. A partir de ce moment, seul le procureur, la victime ou tous ceux qui se sentiront atteints par ces déclarations peuvent saisir la justice à travers une citation directe », a-t-il conclu.

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