Après la libération de Karim Wade : la Crei va-t-elle mourir de sa belle mort ?

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[dropcap]L[/dropcap]a Cour de répression de l’enrichissement illicite(Crei) créée en 1989 par le président Diouf et ressuscitée par le président Macky devrait plancher sur la reddition des comptes. Dans son viseur, il y avait 25 personnalités de l’ancien régime qui devraient passer au crible. Mais ironie du sort, Karim Wade a presque été le seul à être jugé par cette juridiction d’exception. Ainsi,  libéré après 3 ans de prison, la  Crei va-t-elle mourir de sa belle mort ?

La Cour de répression de l’enrichissement illicite(Crei) a été réactivée par le président Macky pour satisfaire à une demande sociale sur la reddition des comptes de l’ancien régime. Cette Cour très contestée par une partie des sénégalais avait épinglé au premier chef Karim Wade, ancien ministre d’Etat en charge de la coopération internationale et des transports aériens et terrestres. Un procès couteux en termes de désaccords et de récusations de la partie adverse. Mais un long  procès qui s’est achevé par la condamnation de Wade-fils à 6 ans de prison fermes et 138 milliards de FCFA d’amende, ainsi quelques uns de ses présumés complices. Ainsi ayant purgé la moitié de ses peines, Karim est au final élargi de prison par grâce présidentielle. Ce qui ne le dédouane pas des autres charges qui pèsent sur sa personne et sur ses coéquipiers. Cependant au vu de tout le temps mis par cette juridiction d’exception  pour juger Karim, aujourd’hui la libération de ce dernier laisse planer des doutes  quant à la poursuite de la traque aux biens mal acquis. Certes le gouvernement donne des gages de la poursuite de cette traque mais là où le bas blesse, c’est que le travail de cette juridiction risque de se heurter aux élections de 2017 et 2019.Un moment qui ne serait guère           propice à la traque de personnalités candidats à la députation ou à la présidentielle. De surcroît le recouvrement des avoirs  prétendument volés par des tiers n’est pas évident dans un contexte de mondialisation marqué par une politique fiscale pas très ouverte  entre pays du Nord et du Sud. Si toutefois la Crei ne meurt pas de sa belle mort, Macky risque de s’attirer les foudres d’un lobbying intense qui y verrait la chasse aux sorciers. En vérité la politique du « laisser-tomber » est toujours de mise sous nos cieux.

Assane SEYE pour Sunugal24.NET

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