Coronavirus : 13 « Modou-Modou » dont 3 femmes, bloqués entre le Maroc et la Mauritanie

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Dix neuf sénégalais dont 3 femmes avaient quitté l’Espagne, jeudi dernier, pour rallier le Sénégal. Après avoir traversé le Maroc, leur convoi a été stoppé en Mauritanie. Ils demandent le soutien de l’Etat pour les sortir de cette mauvaise passe, vu qu’il y a des malades parmi eux.

Selon Enquête, ces derniers sont dans des conditions difficiles marquées par un manque d’eau et un problème d’insécurité. « Nous souffrons et, depuis lors, rien n’a bougé », a confié Mor Niang, porte-parole des 19 Sénégalais. Il renseigne qu’ils sont en échange avec l’ambassadeur sénégalais mais leur situation ne s’est pas encore décantée. Ces émigrés, à cause du Coronavirus qui se propage à une vitesse vertigineuse dans le monde avaient quitté l’Espagne pour rejoindre le Sénégal par voie terrestre.

Le Sénégal, qui a enregistré plus d’une dizaine de cas importés de coronavirus, a suspendu, à partir de ce mercredi à 23h 59, ses lignes aériennes avec plusieurs pays touchés par la pandémie.
Pendant ce temps, l’on nous signale que plusieurs compatriotes, établis en Europe qui voulaient rentrer par la voie terrestre, sont actuellement bloqués à la frontière entre le Maroc et la Mauritanie.
Quelque treize (13) émigrés sénégalais, communément appelés « Modou-Modou », sont bloqués, depuis le16 mars, dans le désert subsaharien, plus précisément à la frontière entre le Maroc et la Mauritanie (voir images).
Selon des informations obtenues par Seneweb, ces émigrés, en provenance de la France, de l’Italie, de l’Espagne et même du Maroc, pays fortement frappés par le coronavirus, voulaient regagner leur pays d’origine, le Sénégal.
Mais, arrivés sur les lieux, ce lundi vers l8h du matin, ces compatriotes, dont la plupart rejette la thèse de « fuite » de la maladie, sont confrontés au niet catégorique des éléments de la sécurité des frontières mauritaniennes.
Pourtant, précise un d’entre eux qui s’est confié à Seneweb, ils ont tous subi des contrôles au Covid-19 au niveau de toutes les frontières qu’ils ont traversées au cours de leur long périple.
« On a procédé à toutes les formalités requises. D’ailleurs, les éléments de la sécurité mauritanienne nous ont même contrôlés pour voir si nous avons le coronavirus ou pas, comme ça était le cas dans les autres localités par où nous sommes passés. Mais, c’est après qu’on nous a signifié clairement qu’on ne pouvait pas traverser la frontière. Alors que personne d’entre nous ne présente aucun signe de coronavirus », indique notre interlocuteur.
À se fier toujours aux témoignages de ces émigrés, la police des frontières mauritaniennes leur a fait comprendre qu’ils ne pourront jamais mettre le pied au pays de Ghazouani tant que les autorités diplomatiques sénégalaises n’auront pas fait le déplacement pour intervenir.
« On a contacté notre ambassadeur (celui du Sénégal à Nouakchott, ndlr), mais il nous avait promis d’envoyer le consul. Ce qui n’est toujours pas fait », nous ont fait croire ces ressortissants.
Il relève de nos informations qu’hormis les 13 Sénégalais, il y avait dans le convoi, des Français, des Espagnols, des Mauritaniens qui, aujourd’hui, sont tous parvenus à franchir les frontières.
Car, le gouverneur de région de Nouadhibou a fait le déplacement pour « négocier » l’entrée des ressortissants Mauritaniens, selon leurs termes. L’ambassadeur de l’Espagne a aussi fait de même pour les Français et Espagnols, tous issus de l’espace Schengen.
« Nous acceptons qu’ils nous mettent en quarantaine, arrivés au Sénégal »
« Nous sommes entre le Maroc et la Mauritanie. Cette bande de terre est contrôlée par l’Onu. Nous sommes en train de vivre l’enfer ici, on galère », regrette ce ressortissant, par ailleurs trésorier de l’association des « Modou-Modou » sénégalais qui passent par la voie terrestre.
« Cela fait presque 10 ans qu’on fait ce trajet. Je maîtrise bien cette route », tente de convaincre un autre « Modou-Modou » vivant en Espagne, qui dit emprunter cette voie, tous les mois.
Quoi qu’il en soit, ils demandent au chef de l’État sénégalais de leur porter secours afin qu’ils puissent regagner, « le plus rapidement possible », leurs familles respectives.
« Nous lançons un appel au Président Macky Sall et l’invitons à réagir le plus vite possible pour qu’on puisse sortir de ces endroits très dangereux. Ils peuvent nous amener jusqu’à Rosso Sénégal pour nous mettre en quarantaine là-bas, nous l’acceptons, c’est mieux pour nous. Notre vie est en danger ici », ont-ils lancé avec insistance.
Par ailleurs, des sources officielles de Seneweb renseignent que les autorités sénégalaises et mauritaniennes ont décidé, « d’un commun accord », de renforcer leurs mesures de sécurité sur cet axe afin d’éviter l’importation de la maladie du coronavirus.
Aussi, nous souffle une source sécuritaire basée à la frontière sénégalo-mauritanienne, des mesures draconiennes sont prises au niveau de Rosso. Et ce, depuis l’arrivée du « Modou-Modou » de Touba qui, testé positif au Covid-19, a contaminé plus de 10 personnes dans la cité religieuse, dont ses épouses et ses propres enfants.

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