Coronavirus : Abdoulaye Diouf « infecté », le système de santé à l’agonie

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La pandémie du coronavirus a mis à nu toutes les incohérences et anomalies de notre appareil d’État. Mais, il montre également ce, vers quoi nous devons nous tendre unanimement tel un seul homme, en tant que communauté qui veut être sauvée d’un déluge que tous les facteurs indiquent et prévoient.

La mauvaise santé de la santé

Le virus du coronavirus n’a fait que bien montré l’infection du système sanitaire sénégalais. De la faiblesse du plateau médical à la gestion frauduleuse des hôpitaux, tout est remis sur la table. Et, au lieu de fournir des questions conséquentes à ces défaillances chroniques, tout le ministère de la santé et de l’action sociale est mobilisé pour la lutte contre cette grippe mettant en berne toutes les autres maladies, encore apparemment beaucoup plus mortelles que la COVID. En effet, toutes les autres pathologies voient les programmes qui leur sont attribués suspendus. Pire, les établissements sanitaires ne fonctionnent plus comme en temps normal. Le personnel revu à la baisse, le faible taux de fréquentation -fruit du sentiment de peur et de stigmatisation installé par la communication d’État- , tout cela dénote une pathologie du système de santé qui n’a pas fini de montrer ses limites face au coronavirus.

Education : Tâtonnement et pilotage à vue 

Le virus circulait allègrement dans plus de 20 de nos 45 départements. Alors pourquoi avoir envoyé des milliers de nos enseignants et élèves à une exposition certaine ? Est-ce «apprendre à vivre avec le virus»? Ou bien exposer nos concitoyens au virus afin de réaliser les millions de morts prédits par la très contestée OMS?

Cela pourrait, en outre, exprimer une tentative mal éclairée pour sauver l’année scolaire. Ce qui est évident, par contre, c’est que la reprise du 02 juin montrait dès son aube tous les signes avant-coureurs d’une impossibilité.
A Ziguinchor, les deux cas d’enseignants ont été annoncé avant la fin de la semaine précédente et le simple fait de les voir rassemblés à Liberté 5 (Dakar) et dans d’autres points focaux devrait, inquiéter nos gouvernants et les autres partis pris qui se sont engagés sans se poser les véritables questions. Mais ceux qui, au 1er mai n’avaient déposé aucun cahier de doléances, iraient-ils à l’encontre d’une décision gouvernementale pour le moins inquiétante.

Même si on peut, à raison, douter du coronavirus, du moins dans l’ampleur qu’on lui prêterait. Pour certains, ce n’est pas de notre ressort et pour d’autres, c’est un manquement à nos devoirs, de notre part.
Il serait donc mieux, pour le moment de nous en tenir à leurs dits et aux errances de leurs faits. Mais qu’en est-il de nous autres Sénégalais.

Les perspectives citoyennes
Ce pays, c’est de la merde. (Duu saaga duu rewande).
C’est une réalité, brutale certes, mais on ne peut être plus fidèle à cette réalité.
Même si depuis les années 1990 Kabou a « déchiré le bulletin d’innocence des Africains », nous demeurons ces Africains qu’elle aurait insulté ou plutôt qu’elle a appelé au défi de changement. « Et si le Sénégal « refusait le développement ».
Nos comportements, nos dénigrements personnels, nos querelles intestines, nos jalousies viscérales ; c’est notre mauvaise politique, notre échec.
Proposer un changement de système, c’est proposer un changement de comportements individuels d’abord et collectif par suite.
Proposer un changement de paradigme, c’est identifier à quel égard nous faisons fausse route.
Proposer le changement, ce n’est pas dénigrer un régime. C’est proposer une société « microscopiquement » pensée et réfléchie.
La clé de ce changement tiendrait à deux mots clés : l’amour mutuel et l’éthique. Et, pour les instituer, il faut détourner les Sénégalais de leur périlleux chemin.

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