Covid-19 : une saturation des services de réanimation n’est pas exclue en France

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Alors qu’une cinquième vague de Covid-19 se profile en France, le nombre de lits de réanimation n’a toujours pas été revu à la hausse, faisant craindre une saturation des services hospitaliers. Malgré un taux de vaccination qui frôle les 75 %, les spécialistes appellent à accroitre la couverture vaccinale et à respecter les gestes barrières.

L’Europe est redevenue en quelques semaines l’épicentre de la pandémie de Covid-19 avec une envolée des cas en Allemagne et en Autriche notamment. Mais avec un taux d’incidence qui a grimpé de presque 50 % en une semaine, dépassant désormais les 100 cas sur 100 000 habitants, la France n’est pas à l’abri d’une nouvelle flambée épidémique. « La France est en train de vivre cette cinquième vague, mais le taux d’incidence est bien inférieur. Il y a une différence de taille entre la France et l’Autriche : c’est le taux de vaccination », observe sur France 24, Anne Senequier, médecin et chercheuse associée à l’Iris.

Alors que de 75 % des Français ont reçu au moins deux doses de vaccin, seulement 65 % de la population autrichienne est complètement vaccinée contre la pandémie. Pour Anne Senequier, cette dizaine de points d’écart dans la couverture vaccinale peut « faire la différence ».

La situation en France reste « inquiétante », avertit le médecin, car les 5,7 millions de non vaccinées « laissent largement l’opportunité aux services de santé d’être saturés ». En cause, le manque constant de lits de réanimation dans les hôpitaux français. « Nous disposons de moins de 10 000 places de réanimation en France de manière usuelle et nous n’en n’avons pas énormément plus en temps de crise. »

Un risque de saturation des services de réanimation

D’autant que dans la plupart de services de réanimation, la situation s’est dégradée depuis 2020. « Le personnel soignant a été très usé par ce qui s’est passé ». Et ce, alors qu’il y avait déjà des grèves dans les services de santé avant la pandémie, souligne la chercheuse, qui s’étonne que la « fragilité » du système de santé français ne soit pas une priorité politique. « On entend parler de migration et d’énergie nucléaire, mais pas de ce qui est proposé pour rétablir un système de santé efficient. Après deux ans de pandémie, on n’a toujours pas de visibilité sur notre capacité à absorber les besoins du service de santé sur le Covid-19 et les pathologies qui nécessitent une prise en charge rapide ».

Gestes barrière, aération et vaccination

Dans ce contexte, donc, pas de répit dans la campagne de vaccination française. À l’instar de nombreux spécialistes, Anne Senequier estime qu’il faut continuer à vacciner en « avançant sur les troisièmes doses », mais surtout en proposant le vaccin aux non-vaccinés « car ce sont eux qui sont un véritable risque, pour eux, mais aussi pour le service de santé ».

L’hiver approchant, le maintien des gestes barrières et des réflexes à adopter, tels que l’aération des lieux clos, pas assez pratiquée en France, peuvent contribuer à ralentir la flambée des cas. « Ces ingrédients doivent nous faire rester vigilant pour la suite pour ne pas que cette cinquième vague prenne l’ampleur de ce que peuvent rencontrer nos voisins », rappelle Anne Senequier.

D’autres chercheurs déplorent un nombre de cas de Covid-19 non diagnostiqué ou diagnostiqué trop tardivement et appellent le gouvernement français à accélérer la campagne de tests dans les écoles et à rétablir la gratuité des tests pour tous, indépendamment du statut vaccinal.

Contrairement à l’Autriche, où les non-vaccinés sont confinés depuis le 15 novembre, le gouvernement français, lui, ne prévoit aucune mesure de confinement. « Il ne faut jamais rien exclure par principe », a toutefois prévenu mardi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Interrogé sur la hausse des cas de Covid-19, il a appelé à une « vigilance absolue ».

Avec France 24 

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