DERNIER MANDAT DE MACKY : L’INTRIGANTE NOUVELLE POSTURE D’ISMAÏLA MADIOR FALL

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Il n’y a pas très longtemps, Ismaïla Madior Fall semblait très sûr de lui en ce qui concerne la durée de vie du chef de l’Etat au pouvoir : le quinquennat 2019-2024 serait forcément le dernier des deux mandats consécutifs auxquels Macky avait droit

Il n’y a pas très longtemps, Ismaïla Madior Fall semblait très sûr de lui en ce qui concerne la durée de vie du chef de l’Etat au pouvoir : le quinquennat 2019-2024 serait forcément le dernier des deux mandats consécutifs auxquels Macky avait droit en cas de réélection au scrutin du 24 février. Il semblait même être surpris par la posture des professeurs de droit constitutionnel Jacques Mariel Nzouankeu et Babacar Guèye qui, à tour de rôle, avaient relevé une lacune de taille dans le texte constitutionnel : l’absence de dispositions transitoires pour encadrer le mandat du président de la République dans la constitution de 2016. Mais selon Ismaïla Madior Fall, « l’article 27 de la constitution ne laisse place à aucune sorte d’interprétation » : impossible pour Macky Sall de briguer un autre mandat après 2024. 

  « En principe » 
  Aujourd’hui, comme s’il était plongé dans une autre vie, le Pr Ismaïla Madior Fall ne semble plus avoir de certitude tranchée sur la question. Dans un entretien avec nos confrères du quotidien « Enquête », il étale trois éléments qui pourraient être demain des bases de reniement de son propre discours. 
  
Primo : il introduit le vocable « en principe » dans son nouvel argumentaire, ce qui sous-tendrait l’existence d’une autre réalité possible sur un sujet qu’il avait pris le soin de clore. 
  
Deuxio : il fait dorénavant référence à ses deux anciens professeurs à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Guèye et Nzouankeu, comme pour dire qu’eux aussi défendent une position juridique qui peut être acceptable et qui, de fait, ne peut être écartée d’un débat éventuel sur le sujet. 
  
Tertio : il renvoie la décision ultime au président Sall à qui « il appartient (…) d’apprécier… ». Que vient faire l’appréciation du chef de l’Etat devant une disposition constitutionnelle qui lui interdit de briguer un troisième mandat en 2014 ? 
  
Que faut-il comprendre d’un ministre de la République, juriste reconnu – même si son étoile aurait pâli – qui proclame urbi et orbi, d’une part, que « l’article 27 de la constitution ne laisse place à aucune sorte d’interprétation » et qui soutient, par ailleurs, que « en principe, c’est le deuxième et dernier mandat. » C’est quoi le (futur) projet à la fin ?

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