En Ecosse, les indépendantistes favoris des élections législatives

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D’un pas décidé, un paquet de tracts électoraux en main, Stuart McMillan monte une dernière fois à l’assaut d’Auchneagh Crescent, un lotissement de maisons modestes de Greenock, à l’ouest de Glasgow, qui surplombe l’estuaire de la Clyde. Son parapluie jaune à l’effigie du Parti national écossais (SNP, indépendantiste) le protège du crachin tout en annonçant la couleur. Le candidat ne frappe qu’aux portes des sympathisants déjà répertoriés au cours de la campagne qui s’achèvera jeudi 5 mai, lorsque les 4 millions d’électeurs écossais voteront pour renouveler le Parlement régional d’Edimbourg.

« Bonjour, je venais vérifier que vous me souteniez toujours », lance-t-il en rappelant l’heure d’ouverture des bureaux de vote. Logiquement, l’accueil est favorable. « Mon cœur est avec le SNP », sourit une vieille dame en tripotant le tract. « Mes parents votaient Labour, moi, je veux une écosse écossaise »,déclare une quinquagénaire aux cheveux rouge vif.

Tout est dans cette phrase : Greenock, ancienne capitale des chantiers navals écossais, ville ouvrière et fief historique du Labour, va probablement élire M. McMillan comme député de la circonscription lors des élections de jeudi, en remplacement d’un travailliste. Son parti, le SNP, qui a déjà raflé en 2015 56 des 59 sièges de députés au Parlement de Westminster, doit renforcer la majorité absolue dont il dispose déjà dans l’Assemblée écossaise. Les sondages le créditent de plus de 50 % des voix contre 21 % au Labour.

Les travaillistes, qui ont longtemps régné en maîtres absolus sur l’Ecosse, pourraient perdre un tiers des sièges qui leur restent à Holyrood, le Parlement d’Edimbourg. Cette nouvelle déconfiture accroîtrait encore l’emprise du SNP, et représenterait un pas de plus vers l’indépendance, rejetée de justesse lors du référendum de 2014.

Dans sa permanence électorale encombrée de drapeaux, dont les murs affichent les arguments à répéter aux électeurs, Stuart McMillan, 43 ans, ancien cadre chez IBM, égrène avec satisfaction les étapes de son irrésistible ascension. Fils d’un chaudronnier au chantier naval, il a vu son père perdre son travail, comme des milliers d’ouvriers dans les années 1980 et 1990. « Le Labour contrôlait tout et n’a rien fait. Ce sont juste des carriéristes qui tenaient nos voix pour acquises »,assène cet élu du SNP depuis 2007 et devenu lui-même un politicien professionnel. Sa rhétorique nationaliste apparaît assez limitée : « Je pense que nous pouvons faire les choses par nous-mêmes. »

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