Gambie : Jammeh désarme ses soldats Socé et arme le Mfdc

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Le Président gambien Yahah Jammeh se prépare manifestement à la guerre. Il a pris, la semaine dernière, des mesures draconiennes pour éviter toute surprise au sein de son armée.

Ainsi, selon nos sources, il a désarmé la plupart de ses militaires qui sont Socé, l’ethnie majoritaire qui compte environ 41% de la population. Ces hommes sont maintenant sans armes.

Une information qui confirme celle de remous précédents dans cette armée à l’annonce du revirement du président Jammeh qui avait, dans un première temps reconnu les résultats et félicité son principal adversaire Adama Barrow.

A cette époque, les divergences ont pu être neutralisées par des discussions internes entre soldats. Mais, comme Jammeh est conscient du fait que la principale coalition de l’opposition est d’obédience Socé, il ne doute pas du fait que certains militaires pourraient rejoindre le camp du président élu.

Il prend alors les devants pour éviter toute surprise mais aussi pour ne pas faciliter la tâche à une éventuelle intervention des forces de la Cedeao.

Et dans cette dynamique, le Président gambien entend s’appuyer sur des forces armées tapies dans la forêt de son pays contiguë avec le Sénégal.

C’est ainsi qu’il y a, d’après nos sources, transmis des armes assez sophistiquées à des éléments supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) dans la nuit du 27 au 28 décembre.

Jammeh croit ainsi pourvoir s’appuyer sur des éléments du Mfdc pour organiser la résistance. Il profite du fait que cette forêt est pratiquement inaccessible pour les militaires sénégalais et les gardes forestiers. C’est là où il a mis en place un système de pillage systématique de nos forêts avec la complicité d’éléments armés.

Ce qui veut dire, en clair, que la complicité longtemps entretenue entre Jammeh et éléments du Mfdc sera une fois de plus convoquée cette fois-ci dans l’espoir pour le président gambien d’assurer sa survie.

Toutefois, ce dernier a aussi subi un revers de la part des autorités du Cap-Vert qui n’ont pas autorisé le transit de l’avion transportant son épouse.

Jammeh reste très amer par rapport à l’attitude de ces autorités et ressent de plus en plus fortement les effets de son isolement diplomatique.

Des éléments qui nous confortent dans l’idée que la solution diplomatique serait la meilleure.

La présence d’un président autoritaire comme Jammeh en Gambie a permis de voire éclore de nombreux trafics dont ceux des armes, de la drogue et la coupe de bois.

Nombre de personnes qui habitent dans la zone ou qui sont d’origine étrangère en profitent. C’est pourquoi elles n’ont aucun intérêt à ce que Yayah parte. Et comme rien ne pourra faire que la communauté internationale, assez unanime sur son départ ne revienne sur sa position, alors, elles comptent sur l’embrasement de la localité.

Pis, notre source nous a fait savoir que même le départ de Yayah ne sonnera pas forcément la fin des hostilités en Gambie à cause de la présence de ces individus déterminés à faire durer le trafic.

Bien sûr, il y a aujourd’hui une stabilité en Casamance observée depuis au moins deux ans.

Malheureusement, certains gambiens sont aussi sénégalais et même bissau-guinéens. Ces détenteurs de doubles voire de triples nationalités peuvent profiter de la situation pour semer le trouble.

C’est pourquoi, tous ces éléments doivent être tenus en compte pour un règlement définitif de la crise en Gambie et éviter d’en faire un nouveau conflit casamançais.

Assane Samb

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