Janus, le dieu romain aux deux têtes ; Macky Sall, le dieu sénégalais aux deux facettes (Par Mouhamed Dia)

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Janus, le dieu romain aux deux têtes ; Macky Sall, le dieu sénégalais aux deux facettes (Par Mouhamed Dia)

Si Janus est le dieu romain des commencements et des fins, Macky Sall est le dieu sénégalais qui a deux facettes au Sénégal. Durant la seconde alternance politique du Sénégal, Macky Sall devient le président le mieux élu de l’histoire du Sénégal. Il est à la tête de notre nation depuis sept ans et malgré qu’il n’y ait pas de sondage officiel, nous sentons que la population est divisée envers sa manière de gouverner. Peu importe le nombre de citoyens en désaccord avec sa politique, cela ne le contraint pas à la démission et c’est la raison pour laquelle il est en pleine campagne pour se faire réélire.


Le Macky des uns
Le Sénégal est un pays où le taux d’analphabétisation atteint 56 % et selon l’ANSD, plus de la moitié des personnes vivant au Sénégal résident milieu rural (53,5 %). Le président Sall a initié le PSE en 2014 pour favoriser le développement économique du Sénégal. Il a fait une longue marche auparavant et a sillonné tous les coins et recoins du Sénégal pour juger tout seul ce que la population rurale vivait et il a évoqué deux exemples dans son livre qui l’ont marqué durant cette longue marche.

C’est ainsi qu’il mettra en place des programmes sociaux pour alléger la souffrance de la population rurale. Ainsi, apparaîtront des programmes comme les bourses familiales, le PUDC, le PUMA et le programme de modernisation des villes plus connu sous Promovilles. Avec ces programmes, il a permis de désenclaver les zones les plus reculées du Sénégal. Il y a eu aussi l’électrification de plusieurs villages et l’accès à l’eau potable. Plusieurs routes et pistes ont vu le jour sous le président Sall et cela a permis le désenclavement de certaines localités pour un meilleur déplacement des personnes et des biens. Le PUDC a tellement été un succès que d’autres pays Africains ont copié le modèle.

Dans le milieu rural, plus de 60 % vivent dans la pauvreté qui est un phénomène multidimensionnel difficile à cerner. Le président Sall a mis en place les bourses familiales qui ont pour objectif principal de combattre « la vulnérabilité et l’exclusion sociale des familles à travers une protection sociale intégrée en vue de favoriser leur accès aux transferts sociaux et de renforcer, entre autres, leurs capacités éducatives, productives et techniques. » Cette population est composée principalement d’agriculteurs et d’éleveurs. Les familles sont incapables d’assurer les trois repas de manière régulière à cause du manque de moyens et à l’impossibilité d’accéder aux crédits bancaires. C’est ainsi que le président a décidé de mettre en place ces bourses familiales pour permettre à plus de 300 000 ménages de recevoir annuellement 100 000 F CFA.

Certains diront que c’est des miettes certes, mais pour les ménages qui le reçoivent, cela voudra dire assurer le troisième repas pendant quelques jours. Et la couverture maladie universelle ? Une initiative saluée par les récipiendaires qui ne sauraient pas à quel saint se vouer sans cette CMU. Avec une population qui double chaque 25 ans, il est important d’anticiper cela et c’est pourquoi les infrastructures routières ont été construites et l’assainissement des villes en cours pour mieux se préparer. Il y a eu beaucoup de programmes mis en place pour réduire les inégalités sociales et combattre la pauvreté dans les zones les plus reculées du Sénégal. Cette population, ne demandant pas la lune, reste satisfaite par rapport aux réalisations du président Sall. Ne dit-on pas qu’on ne jette pas le poisson qu’on a dans la main pour prendre celui qu’on a sous le pied ? Pensez-vous qu’avec cela, cette population tournera le dos au président Sall ?


Le Macky des autres
Le Sénégal est un pays où un président ne se fait réélire que sur la base de bilan infrastructurel et non un bilan économique. Nous avons eu des présidents, mais nous n’avons toujours pas eu un leader qui veuille plus développer le Sénégal que se faire réélire. Nous avons des présidents qui parlent de taux de croissance à longueur de journée. Un taux de croissance qui est proportionnelle à la pauvreté et la souffrance de la population. Il y a le Macky des uns, mais il y a aussi le Macky des autres. Ceux qui croient que le Sénégal peut se développer dans moins d’un demi-siècle et qu’il faut commencer le travail dès à présent. On dit souvent que l’Afrique est riche, mais les Africains sont pauvres. Il faut un leader qui n’ait pas peur de s’imposer et de demander aux entreprises étrangères implantées au Sénégal de transformer leur produit au Sénégal pour créer des emplois durables.

Dans le code minier, il y a des redevances versées à l’Etat et aux collectivités, mais prenez l’exemple de la région de Kédougou et dites-moi si ces redevances sont arrivées à destination. Cette population qui est pauvre, qui ne mange pas à sa faim, qui ne se soigne pas bien quand elle est malade, surtout avec la pollution de l’environnement dans lequel cette population locale vit. Avec plus de la moitié de la population vivant en milieu rural, la plupart vit d’agriculture. Le Sénégal avec sa monoculture arachidière a vu sa production chuter d’un million de tonnes à 800 000 à cause de la grande sècheresse qui a sévit dans notre pays dans les années 60/70.

Le Sénégal ayant eu cet antécédent, devrait-il toujours dépendre de la pluie pour développer son secteur agricole. Il y a une insécurité alimentaire au Sénégal et ce manque de vision qui empêche ce secteur agricole de se développer est un frein depuis des décennies. L’autre problème que le Macky des autres a est d’avoir des dirigeants qui se servent au lieu de servir le peuple. Au Sénégal, on voit des politiciens qui deviennent milliardaires. Tant que nous ne mettons pas en place des institutions fortes, nous ne devons pas aspirer au développement. Avec les ressources naturelles dont nous disposons, nous devons créer des partenariats gagnant-gagnant. Il y a certaines compagnies qui doivent être du domaine de l’Etat, il faut les identifier et les nationaliser. Il ne faut pas avoir peur de dire non à ces organismes comme la banque mondiale et le FMI, car ils nous « exploitent » avec des taux d’intérêt abusifs. Il est temps de diversifier les partenaires et d’essayer une coopération Sud-Sud pour allonger la liste de nos partenaires économiques.

Le Macky des autres s’indigne, car le gouvernement du Sénégal s’endette mal pour ainsi mal allouées ces ressources. Il est temps de savoir que le Sénégal peut se développer, mais que le travail doit commencer dès à présent. Le président Sankara disait que « la maladie ne se guérit point en prononçant le nom du médicament, mais en prenant le médicament. » Doit-on toujours se lamenter en disant que l’esclavage, le colonialisme et le néo-colonialisme est le résultat de notre sous-développement ? Lequel est plus important entre le nombre de fois qu’on tombe et le nombre de fois qu’on se relève ? Le Macky des uns est cette population qui souffre et qui a besoin de poisson chaque jour et qui n’a pas le temps d’apprendre à pêcher. Le Macky des autres et cette population, qui veuille que malgré les subventions octroyées à la population, que les dirigeants prennent la voie du développement. On dit souvent que « le patriotisme est votre conviction que ce pays est supérieur à tous les autres, parce que vous y êtes né.»
Mohamed Dia, Consultant bancaire

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