Le président de l’UMS, Souleymane Teliko plaide pour des pistes de réflexion permanente sur l’indépendance de la justice

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Dans une interview  qu’il a accordée à nos confrères du journal  Enquête, Souleymane Teliko le président de l’Union des Magistrats du Sénégal(UMS) n’a pas    versé dans la dentelle pour évaluer les couacs qui plombent leur corporation et la réflexion permanente qu’ils doivent mener sur le fonctionnement  et l’indépendance de la justice d’une manière générale. En effet ce haut magistrat propulsé à la tête de leur structure  se veut un homme de consensus  pour mieux dégager des esquisses de solution sur la sempiternelle question de l’indépendance de la justice. Pondéré, compétent et déterminé, Teliko  est d’avis que les priorités sont le respect des garanties d’indépendance, notamment le principe d’inamovibilité, l’instauration de la transparence dans la gestion de la carrière et le renforcement des moyens alloués à la justice en général et aux juridictions en particulier. D’abord, sur l’indépendance. « Nous en faisons une priorité, car la garantie essentielle de l’indépendance, qui se trouve être le principe d’inamovibilité, est complètement vidée de sa substance. Ce principe est, en effet, souvent contourné par le recours à deux notions : les nécessités de service et l’intérim. S’agissant des nécessités de service, il faut relever que lorsqu’on parle d’indépendance de la justice, il est capital de distinguer ce à quoi renvoie cette notion. »Soucieux que les citoyens aient une perception juste de leur rôle, Teliko estime que la magistrature doit surtout obéir à la loi. «  L’indépendance renvoie non seulement à une question d’état d’esprit, mais également aux rapports que la justice entretient avec les autres pouvoirs ou groupes de pression.
Cependant, pour être effective, l’indépendance doit être garantie de manière à ce que le juge soit assuré de pouvoir exercer son office en son âme et conscience, sans s’exposer à des mesures de représailles de la part de l’Exécutif ou d’un quelconque autre pouvoir. C’est précisément l’objet de l’article 6 de la loi organique n°2017-10 du 17 janvier 2017 portant statut des magistrats. Ce texte pose la règle de l’inamovibilité. Les juges ne pouvant, en principe, être affectés sans leur consentement, sauf en cas de nécessité de service. Dans l’esprit du texte, le recours à la notion de nécessité de service doit évidemment être exceptionnel. Or, dans la pratique, c’est plutôt la règle. Ce recours systématique à la notion de ‘’nécessité de service’’ installe les juges dans une situation très précaire et vide le principe d’inamovibilité de son objet.

Assane SEYE pour Sunugal24.NET

 

 

 

 

 

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