Le Professeur Mamadou ndiaye corrige la communication du ministère de la santé

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La stratégie de communication adoptée par le ministère de la Santé et de l’Action sociale depuis l’annonce du COVID-19 au Sénégal ne satisfait pas certains spécialistes en   communication. Le point de presse quotidien semble montrer ses limites. Hier, l’absence de certains détails sur le communiqué du ministère a intrigué plus d’un. Une nouvelle démarche très contestée par les hommes de médias. Le Directeur des Etudes du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI), Mamadou Ndiaye joint par Sunugal24 a passé à la loupe la communication de ce ministère qui présente des failles selon son analyse.

Comment voyez-vous la communication du ministère de la santé depuis l’annonce du COViD-19 au Sénégal

Au tout début de la crise, le ministre de la santé et de l’action sociale est monté au créneau pour informer les Sénégalais sur la situation. Il nous a promis la transparence et a demandé aux journalistes soucieux d’avoir la bonne information d’aller se faire accréditer auprès de ses services. Depuis, chaque jour qui passe, nous avons droit à un point de presse quotidien pour communiquer sur le situation de la riposte contre le Covid-19. Ce qui est globalement une bonne chose. Cependant, en matière de gestion de crise, il faut adapter régulièrement les techniques de communication à la situation.

Quelles sont les failles de cette communication

Je me rends compte que la formule utilisée (point de presse quotidien) semble assez répétitive, donc moins efficace.
Ensuite, le communiqué d’hier semble déroger à la règle de la transparence car l’expression « 3 cas importés » a été utilisée à la place de la présentation détaillée à laquelle, on nous avait habitué. Ce qui a perturbé beaucoup de sénégalais qui se sont posés de nombreuses questions sur les réseaux sociaux.
Il y a quelques jours, le ministère de la santé promettait de déposer une plainte contre les diffuseurs de Fake news. C’est une démarche que je partage. Mais d’un autre côté, les services de la communication du ministère doivent savoir que choisir de donner une information de manière parcellaire et partielle est également une forme de Fake news. Nous comprenons la volonté de lutter contre la stigmatisation de nos compatriotes appelés Modou Modou mais ça ne doit pas être une raison pour toucher à l’intégrité de l’information.

Qu’est-ce que vous préconisez pour une meilleure communication

Il faut associer d’autres spécialistes dans la lutte contre le Covid-19. Les sociologues, les anthropologues, les psychologues et autres communicateurs traditionnels peuvent contribuer à relayer les messages clés de prévention et aider la population à changer de comportement.
Il faut innover, utiliser d’autres formes de rendez-vous avec les journalistes, les leaders d’opinion et la population de manière générale. Les journalistes sont des partenaires importants. Le service communication doit prendre le temps nécessaire pour répondre à leurs questions.

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