Lettre à nos chers députés (Par Bara Ndao)

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Chers députés du peuple,
Ça serait même une tautologie voire une lapalissade de vous donner ce sobriquet fameux de « députés du peuple », car vous êtes les mandataires de votre peuple assoiffé de justice, portant sa misère en bandoulière, et qui souhaite souffler maintenant l’air de la réjouissance afin de dormir tranquillement dans son berceau de paix et de sécurité.
Parmi les différentes prérogatives essentielles que votre peuple vous a assignées figurent en bonne partie, celle d’initiative de la loi, c’est à dire le pouvoir de légiférer.
De grâce, en tant que représentants élus de la nation, prononcez vous en fonction de l’intérêt Général et non en fonction d’intérêts partisans.
Soyez les députés du peuple et non des partis.
-Contrôlez l’action du gouvernement, bref jouissez pleinement de vos devoirs.
Malheureuses sont les dernières législatures auxquelles on a assisté .
Je ne peux pas concevoir que notre Assemblée nationale soit comparée à une case des tout-petits, où on chante et danse à la longueur de journée.
Je ne peux pas concevoir que notre parlement s’identifie au Grand Théâtre et non à des amphithéâtres de connaissances où s’affrontent ardemment des propositions de lois, des projets de loi, un contrôle rigoureux du gouvernement.
Nous voulons des députés dignes et soucieux de leur peuple.
Nous voulons plus de promesses mirobolantes mais des actes concrets allant dans le sens de changer la donne, c’est à dire une Assemblée indépendante qui rassemble et ressemble à son vrai visage .

« La politique au milieu d’imaginations, c’est un coup de pistolet dans un concert « affirmait ainsi l’auteur du « Rouge et le Noir »(STHENDHAL).
Dans le concert de ces grands rendez-vous démocratiques et historiques à venir, je tiens à vous rappeler ceci, chers futurs députés: LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS, GAGE D’UN ÉTAT DE DROIT.

POURQUOI UNE TELLE THÉORIE?
La séparation des pouvoirs bien que quasi impossible dans nos pays africains, reste un des piliers majeurs de l’Etat de droit.
Cette théorie permet dans son essence d’instaurer un mécanisme qui permet d’éviter que tout le pouvoir de décider du sort des citoyens soit concentré entre les mains d’un seul ou de quelques-uns qui pourraient alors l’utiliser à leur guise, pour ne pas dire selon leurs caprices.
C’est ce que sans doute prédisait Montesquieu, celui à qui on doit cette théorie de la séparation des pouvoirs, en affirmant: « Tout serait perdu, si le même homme, ou le même corps, exerçait ces trois pouvoirs: celui de faire des lois, celui d’exécuter les résolutions publiques et celui de juger les crimes ou les différents particuliers. La conception et le fonctionnement d’un système de pouvoir et d’un contre-pouvoir, judicieusement agencés et suffisamment équilibrés pour leur permettre non pas de se paralyser et de se neutraliser réciproquement, mais plutôt de se contrôler mutuellement tout en agissant en synergie, afin que chacun d’eux puisse remplir au mieux la fonction qui lui est assignée.  »
Les trois pouvoirs classiques dont je fais allusion sont: le Législatif, exercé par L’assemblée Nationale, l’exécutif, par le gouvernement et le judiciaire concernant les cours et tribunaux.
Sans le respect de cette théorie de séparation des pouvoirs, on s’installerait inéluctablement dans la monarchie ou l’oligarchie voire même on retournerait à l’état de nature.
Dans un État de droit, comme l’indique l’expression anglaise »Rule of Law », renvoie « au règne de la loi ».
Il s’agit plus précisément, d’un État:
-dont l’organisation et le fonctionnement reposent sur la primauté absolue de la loi, qui respecte donc et fait respecter scrupuleusement les libertés individuelles et collectives ainsi que les droits fondamentaux garantis aux citoyens;
-qui fonde son action sur le principe de la séparation des pouvoirs;
-qui est laïque;
-qui gère le bien public, selon les principes de la bonne gouvernance.
Nous sommes aujourd’hui entre le marteau de la peur et l’enclume de l’espoir.

En Afrique, nous avons véritablement besoin des Etats démocratiques et non tyranniques?

Bara Ndao, Écrivain.

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