« L’Iran va mal, mais la République islamique ne s’écroule pas »

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An Iranian woman holds up a portrait of Iranian Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei, as she makes the victory sign during a rally marking the 40th anniversary of the 1979 Islamic Revolution, in Tehran, Iran, Monday, Feb. 11, 2019. Hundreds of thousands of Iranians poured out onto the streets of Tehran and other cities and towns across the country, marking the date 40 years ago that is considered victory day in the country's 1979 Islamic Revolution. (AP Photo/Ebrahim Noroozi)

Notre journaliste Louis Imbert, spécialiste de l’Iran, a répondu à vos questions sur la situation politique et économique du pays qui fête les 40 ans de la révolution islamique.

L’Iran célèbre, lundi 11 février, les 40 ans de la révolution qui a donné naissance à la République islamique. Mais avec le retour des sanctions américaines, le pays n’a pas le cœur à la fête. Notre journaliste Louis Imbert, qui suit l’actualité du pays et du Proche-Orient, répond à vos questions sur l’état d’esprit des Iraniens, alors que la situation économique n’en finit pas de se dégrader, et alors que nombre de promesses de la révolution n’ont pas été tenues. Il revient aussi sur les blocages de la vie politique iranienne et sur la tentation du changement de régime qui anime Washington.

Eude : Cet anniversaire n’a pas l’air gai. Cette République islamique va-t-elle encore durer longtemps ?

Louis Imbert : En effet, l’Etat iranien a organisé des célébrations sans plus d’apprêt qu’à l’ordinaire. Il s’agit de rester sobre. Le pays va mal : le retour des sanctions américaines, après le retrait de Washington de l’accord international sur le nucléaire, en mai 2018, a contribué à déstabiliser une économie malade de longue date. Nombre d’Iraniens de la classe moyenne ont basculé dans la pauvreté presque du jour au lendemain. Il y a des grèves, des manifestations éparses, presque tous les jours et un peu partout à travers le pays.

Pour autant, la République islamique ne s’écroule pas. L’appareil sécuritaire est solide. Il se renforce à la faveur des sanctions. Il n’y a pas d’alternative crédible, et la classe moyenne aurait trop à perdre à un changement de régime : elle désespère, mais elle prend son mal en patience.

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