Marieme Ndiaye, seule femme journaliste du convoi du PUR, raconte l’enfer vécu à Tamba

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Envoyée spéciale du quotidien Les Echos auprès du candidat Issa Sall, Marieme Ndiaye était la seule femme du groupe de journalistes. Dans cet entretien, elle raconte la mésaventure qu’elle a vécu, après les échauffourées qui ont fait le premier mort.

« …on nous a barré la route. On n’a pas pu passer parce qu’il y avait des centaines de jeunes de part et d’autres de note délégation, qui jetaient des pierres. Les gardes du corps du PUR les chassaient et couraient après eux. Mais à chaque fois, les jeunes passaient par d’autres rues et revenaient. C’était comme ça pendant au moins 30 mn.

On a contourné pour prendre la nationale qui va vers Goudiry et Kidira. Mais dès qu’on est sorti de la ville, il y a eu un guet-apens. On peut l’appeler ainsi parce qu’ils ont surgi devant nous avec des pick-up blanc et des motos Jakarta. Et ils nous attendaient. Je n’ai pas le nombre exact, mais il y avait beaucoup de motos Jakarta. J’ai vu Issa Sall descendre de sa voiture nous attendaient dans les autres (voitures de derrière).

Ensuite la décision a été prise de foncer pour essayer de s’en sortir. Il y a eu des jets de pierres ; notre bus, les voitures qui étaient devant, ont tous étaient caillassés. Celui qui était à côté de moi, Mouhamed, cameraman de Seneweb, a été touché à la tête. Un autre confrère, Khalile Sène d’Igfm, a été touché au niveau de la mâchoire et il a perdu beaucoup de sang. Quand on a avancé un peu, notre voiture a cogné une autre et on ne pouvait plus avancer.

On a décidé de sortir du bus parce que y avait de la fumée. Mais au moment de sortir, on s’est rendu compte que le porte était bloquée. Il a fallu que quelqu’un l’ouvre de l’extérieur pour nous permettre de sortir. Comme moi j’étais loin de la porte, et que tout le monde voulait sortir en même temps, j’ai décidé de de passer par la fenêtre juste à ma hauteur. C’est en sortant par le fenêtre que je suis blessé avec les éclats de verre, au niveau du pied et des mains. Je ne sais pas comment je m’y suis prise. C’était l’énergie du désespoir parce qu’en temps normal, je n’y songerai jamais.

J’ai juste eu le réflexe de plonger ma main pour prendre le petit sac à main que j’avais. Tous mes autres bagages dont mon ordinateur, sont restés dans le bus parce que que les bagages lourds étaient sans sur le porte-bagages. Et on ne pouvait pas se risquer à tenter d’aller les chercher car assaillants arrivaient à grands pas et pouvaient nous tuer tous s’ils nous trouvaient sur place. On s’est alors mis à courir.

J’étais derrière. Devant moi, il y avait Daouda Diouf (Rfm) qui a buté avant de se relever, juste au moment où la voiture des confrères de la Rts est arrivée à notre hauteur. Ils n’étaient pas dans le convoi, mais ils suivaient derrière nous. Leur voiture a été aussi caillassée. Ils nous ont pris avec eux (elle et Daouda Diouf) jusqu’à Goudiry. Et c’est une fois là-bas que nous avons appris que nos bagages ont été volés et le bus brûlé…

Les Echos

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