Mise en place du haut conseil des collectivités territoriales (Hcct): Quand l’inconséquence du pouvoir contamine l’opposition

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Même si la mise en place du Hcct est une conséquence de la victoire du Oui au référendum, en faisant ainsi une loi Constitutionnelle, cette structure n’avait pas sa raison d’être dans le même contexte dans lequel le Sénat a été supprimé. Les inondations sont encore là et Abdoulaye Wilane ne le démentira pas. Il n’a pas encore plu à Dakar pour que la banlieue se remette encore à patauger   dans les eaux pluviales diluées à celles des fosses septiques et autres canaux à ciel ouvert et laissant ses populations en rade avec des odeurs nauséabondes et une stagnation pouvant faire évoluer l’anophèle femelle du paludisme.

Lorsque le débat de la création du Hcct a été soulevé tout le monde a pensé au défunt Sénat d’abord. Ensuite, constatant le recul démocratique et celui du niveau chez les députés, les populations, même celles qui avaient voté Oui au référendum, ne trouvent pas l’opportunité de mettre en place cette institution dans un contexte où l’Acte 3 de la décentralisation nage dans des eaux boueuse et pâteuse. Les problèmes ne cessent de s’accroitre et les complications récurrentes depuis que le projet de l’Acte 3 est passé. Les maires se perdent dans leur gestion, les conseillers se plaignent de leur prise en charge, les populations ne savent plus à qui s’adresser du fait de certains découpages mal réalisés.

D’aucuns avancent que le Sénat n’aurait pas été dissout si Idrissa Seck avait accepté le poste. Et même dans ce cas de figure, le Hcct allait être créé car après avoir casé Niasse à l’Assemblée nationale avec des calculs purement politiciens pour corriger la durée du mandat à cinq ans, et Idy au Sénat, il aurait impérativement fallu mettre Tanor quelque avec une légitimité et un pouvoir plus ou égaux à ceux de ses pairs alliés dans Bennoo Bokk Yaakaar.

Le régime en place est inconséquent lorsqu’il met en place le Hcct parce qu’il (le pouvoir) est là pour le peuple qui dit qu’il (le Hcct) n’en veut pas. Si le peuple n’en veut pas, le pouvoir ne devrait pas en vouloir également puisqu’il doit préserver les intérêts du peuple. Le pouvoir est inconséquent en mettant en place le Hcct dans un contexte où les équations et questions de la santé, l’éducation, la justice, l’emploi des jeunes, entre autres maux ne trouvent pas encore de réponses.

Du côté de l’opposition, plus précisément celle qui avait voté et fait voter Non au référendum qui a légalisé cette institution budgétivore et clientéliste, on ne peut comprendre qu’on puisse vouloir une chose et son contraire. On ne peut pas ne pas être d’accord sur la création d’une structure et vouloir y occuper un poste sous le prétexte fallacieux que c’est déjà une loi Constitutionnelle comme dirait Babacar Gaye pour justifier la décision du Pds d’y prendre part. Je rétorquerai à M. Gaye que la Crei est mise en place par une loi Constitutionnelle et le Pds et les autres ne cessent de l’attaquer. Ils vont jusqu’à dire qu’elle est illégale parce qu’obsolète. Et à côté on est d’accord avec l’Ofnac parce qu’il est destiné à traquer les fautes de gestion de leurs adversaires. Pour le cas spécifique du Pds dont les ténors sont devenus muets comme des carpes depuis quelques temps, on ne peut pas être surpris de leur volonté à être membre dans le Hcct puisqu’ils ont accepté de répondre présent lorsqu’il a été question de tenir un débat national pour voir les modalités de mise en place du Hcct. Au lendemain du référendum.

Non, le Pds, Rewmi, Bokk Gis Gis, l’Ucs, le Grand Parti, Taxawu Dakar, entre autres formations qui avaient parcouru le Sénégal pour faire voter Non ne peuvent pas prétendre à un quelconque poste dans cette structure. Ils ne peuvent pas et ne doivent pas au risque de ravaler leurs vomis. Occuper un poste dans le Hcct, c’est avaliser, cautionner et valider la volonté du pouvoir de caser une clientèle politique. Et pour cela, l’opposition, à moins d’être servie à partir du sommet, risque de ne pouvoir rien gagner parce que les places disponibles ne sont même pas suffisantes pour cette horde de transhumants qui attend d’être servie, qui attend de goûter au gâteau.

D’ailleurs les gens du pouvoir ne comptent pas laisser une parcelle de pouvoir entre alliés à plus forte raison à ceux qu’ils ne considèrent pas moins comme des ennemis que comme des adversaires.

Aux législatives de 2007, la non-participation de l’opposition a décrédibilisé toutes les décisions qui ont été prises par les députés de Me Wade devant l’opinion nationale et internationale. Et cela a facilité le combat du 23 Juin parce que c’est le peuple même qui n’en pouvait plus et qui s’est soulevé pour dire non et gagner le combat pour le renforcement de la démocratie. Ce scénario peut être reproduit, non pas en termes de soulèvement. Il faut laisser le pouvoir en place se décrédibiliser par lui-même. Il l’a déjà commencé avec ces querelles de positionnement qui refont surface et qui vont les emporter à cause de leur soif effrénée de pouvoir…Tous ceux qui auront pris part à cette forfaiture qu’est la mise en place du haut conseil, répondront de leurs actes devant le peuple qui aura à en tenir compte un jour ou un autre.

A bon entendeur….

Par El Hadji Cheikh Anta SECK

Journaliste      

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