MOUSTAPHA NIASSE SE DEFOULE SUR LES DEPUTES DE L’OPPOSITION: «Vous êtes des lâches, des ruminants en divagation»

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Le vote du budget du Programme triennal d’investissements publics (Ptip) n’a pas été de tout repos, samedi. Si le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan a été bousculé, le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse a, lui, traité les députés de l’opposition de «lâches».

Tout est parti de la motion du président du groupe parlementaire «Liberté et Démocratie», Serigne Cheikh Mbacké. Alors que les débats se poursuivaient à la nuit tombante, il crie, depuis son siège : «appel au règlement».  La parole lui est donnée. Le député libéral en profite pour rappeler les dispositifs des articles 18 et 31 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. «Monsieur le Président, je sais que vous aimez la vérité et la transparence. A ce titre, vous devez accepter l’application des articles 18 et 31. Je vous ai (une fois) interpellé dessus, mais vous aviez répondu que vos prédécesseurs faisaient ainsi. Et je crois que vous ne devrez pas procéder de la manière dont se comportaient vos prédécesseurs. Vous devez appliquer le règlement intérieur», a fait savoir Serigne Cheikh Mbacké à Moustapha Niasse. En effet, l’article 68 dit que si le président de l’Assemblée nationale veut prendre la parole, «il doit quitter son fauteuil». 


Aymérou Gningue à Cheikh Mbacké Bara Dolly : «Serigne bi, je sais que tu sais lire. Mais après lecture, il faut comprendre ce qu’on a lu»


Aussitôt son micro rangé, Moustapha Niasse se saisit dudit document. Il évoque, à son tour, l’article 69 qui dit : «Le président ne peut prendre la parole dans un débat que pour présenter l’état de la question y ramenée : «nak wala xar mbaa bey bu reer» (Ndlr : vous êtes comme un bœuf, un mouton ou un bouc en divagation). Les députés de la majorité se moquent de Serigne Cheikh Mbacké. «Serigne bi, je sais que tu sais lire. Mais après lecture, il faut comprendre ce qu’on a lu», égratigne Aymérou Gningue.  



Moustapha Niasse traite de lâche Cheikh Mbacké Bara Dolly 

Après un tonnerre d’applaudissements et croyant qu’il a raison sur Serigne Cheikh, Moustapha Niasse d’avancer. «Le dictionnaire français utilise un mot qui s’appelle ‘’lâcheté’’. Lâcheté veut dire attaquer quelqu’un qui ne peut riposter. Et c’est ça que vous faites. Vous êtes des lâches», a attaqué Moustapha Niasse. Un mot de trop ? Sur ce, les députés de l’opposition se défoulent sur lui. Toussaint Manga, Marie Sow Ndiaye, Serigne Cheikh et Cheikh Bara Mbacké, Nango Seck, Mor Kane montent sur leurs grands cheveux de guerre. En chœur, ils fustigent le comportement du président de l’Assemblée nationale. 


Pendant près d’un quart d’heure, l’Hémicycle bruit. On tape sur les tables. On s’insulte entre députés


«Nous ne pouvons plus accepter d’être insultés. Vous nous traitez de lâches. Mais nous ne sommes pas des lâches», ont-ils riposté. Pendant près d’un quart d’heure, l’Hémicycle bruit. On tape sur les tables. On s’insulte entre députés. Les uns soutiennent Moustapha Niasse, les autres bannissent les mots utilisés pour qualifier l’opposition parlementaire. Lui, est impassible. Mais, à le voir, l’on ne doute pas qu’il reconnaît avoir eu tort. Les travaux peuvent continuer. Le délai de minuit approche. «Maintenant, il y a un problème qu’on doit régler. Je propose à l’Assemblée de suspendre les débats. Et de régler cette question, parce qu’il y a 45 orateurs. Si on donne 5mn à chaque orateur, cela va faire plus de 3 tours d’horloge. Et les débats se termineront au-delà de 2 heures. Or, il n’est pas prévu de dépasser 00h», a rappelé Niasse. Il convoque les présidents des deux groupes parlementaires dans la salle d’attente de l’Assemblée. Il est retenu, dans le secret de leurs délibérations, que le nombre d’orateurs et de temps de parole soit réduit. Mais les débats s’imposent.  
De retour dans la salle, Moustapha Niasse fait fi du règlement intérieur. Cheikh Bamba Dièye, représentant des non-inscrits, le lui rappelle. En vain. Et comme par enchantement, dans ces situations depuis le début de la 13elégislature, c’est le 3e vice-président de l’Assemblée, Abdou Mbow, qui fait une motion de vote sans débats. La proposition est vite adoptée en dépit du refus de l’opposition. Les députés passent aussitôt au vote. 

Amadou Bâ lave Mame Mbaye Niang : «Ce dont je suis sûr, c’est que tout s’est fait dans les règles de l’art» 


 La loi portant Ptip passe sans débats. L’opposition rumine. «Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan signe des centaines de contrats dans l’année. Ce contrat du Prodac ne peut être particulier. Je n’ai pas beaucoup à dire. Ce dont je suis sûr, c’est que tout s’est fait dans les règles de l’art», a lancé Amadou Bâ, acculé par les députés et la presse au sortir du vote du budget de son département ministériel.  

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