Nécrologie : ces Africains que nous avons perdus en 2021

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De nombreuses personnalités du continent, des politiciens, tout comme des artistes et des personnes ordinaires, ont tiré leur révérence en 2021.

Tout comme 2020, l’année 2021 a aussi été macabre avec plusieurs morts enregistrés en Afrique, surtout dans les milieux politique et artistique.

Le dernier décès en date enregistré sur le continent est celui de Lamine Diack, l’ancien président de l’athlétisme mondial.

Lamine Diack, sportif et homme politique (Sénégal)

Lamine Diack est décédé dans la nuit du 2 au 3 décembre 2021 à Dakar

Lamine Diack, président de la Fédération internationale d’athlétisme de 1999 à 2015, est décédé dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 décembre, à Dakar.

L’homme de 88 ans, au cœur d’une affaire de corruption qui a marqué l’athlétisme mondial, était rentré chez lui au Sénégal, en mai dernier.

Il avait été condamné à 4 ans de prison pour corruption et assigné à résidence en France depuis 2015.

Son retour au pays a été rendu possible, en partie, par le club de football local qu’il dirigeait autrefois, le Jaraaf de Dakar qui a versé sa caution de 500 000 euros dans le cadre d’une deuxième affaire judiciaire en cours.

M. Diack a toujours clamé son innocence dans le cadre de cette affaire de corruption.

Sibongile Khumalo, chanteuse (Afrique du Sud)

Sibongile Khumalo est une chanteuse de jazz sud-africaine

Née le 24 septembre 1957 à Soweto, la chanteuse sud-africaine Sibongile Khumalo est décédée le jeudi 28 janvier 2021, à l’âge de 63 ans.

Elevée dans une famille totalement imprégnée de musique, Sibongile Khumalo s’est intéressée à plusieurs genres musicaux, comme l’opéra, le jazz et la musique traditionnelle africaine.

Son père, Khabi Mngoma, qui était un musicien classique et professeur de musique à l’université du Zululand, l’a très tôt encouragée à suivre ses pas.

Sa mère était également une soliste alto. Et c’est à l’âge de huit ans que Sibongile a entamé l’apprentissage du violon.

Elle ira par la suite étudier la musique à l’université du Witwatersrand et à l’université du Zululand.

Cette grande expérience fait d’elle un symbole de l’ordre musical de son pays.

Dans sa riche carrière, elle a eu à diriger le Funda Art Centre, un centre d’enseignement artistique de Soweto.

Mais c’est en 1993 que Sibongile Khumalo s’est faite connaitre du grand public en remportant le prix de la meilleure jeune artiste au Grahamstown Festival.

Quand le président Nelson Mandela est élu président de l’Afrique du Sud, après sa libération, elle chante à l’occasion des célébrations nationales.

Lors de la finale Coupe du monde de rugby en 1995, elle dirige l’interprétation des hymnes nationaux sud-africain et néo-zélandais.

En 1997, en tournée en Europe, elle chante avec d’autres artistes, un vaste répertoire des chants du Kwazulu Natal.

En 2019, elle participe au premier festival de jazz de l’Est du Cape.

Au courant de sa carrière, Sibongile Khumalo a toujours été comparée à Miriam Makeba dans ses interprétations de la musique traditionnelle zoulou sud-africaine.

Ses chansons de jazz ont souvent aussi été comparées à ceux d’Ella Fitzgerald et de Betty Carter.

Elle a été surnommée par le président Nelson Mandela la « Première dame de la chanson ».

Sibongile Khumalo a eu deux enfants avec son mari, l’acteur et réalisateur Siphiwe Khumalo.

Modibo Keïta, ancien Premier ministre (Mali)

L'ancien Premier ministre malien Modibo Keïta était un instituteur de formation

L’un des tout premiers décès de personnalités en Afrique, au cours de l’année, est celui de l’ancien chef du gouvernement malien, Modibo Keïta.

Né le 31 juillet 1942 à Koulikoro, l’homme d’Etat est décédé le 2 janvier 2021 à Bamako, à l’âge de 78 ans.

L’instituteur de formation, Modibo Keïta, a d’abord été ministre des Affaires étrangères et de la Coopération de son pays en 1987, sous le règne du Président Moussa Traoré.

En arrivant au pouvoir, Alpha Oumar Konaré en fait son conseiller à la présidence de la République, en 1997.

Du 18 mars au 9 juin 2002, il est le Premier ministre du président Alpha Oumar Konaré qui le remplacera plus tard par Ahmed Mohamed ag Hamani.

Modibo Keïta est nommé, le 24 avril 2014, haut représentant du chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-malien avec les troupes rebelles Touaregs du Nord du pays.

Le 8 janvier 2015, sous le président Ibrahim Boubacar Keïta, il est à nouveau Premier ministre du Mali. Un poste qu’il occupe jusqu’à sa démission le 8 avril 2017.

Hamed Bakayoko, ancien Premier ministre (Côte d’Ivoire)

L'ancien Premier ministre ivoirien est décédé le 10 mars 2021 en Allemagne

Né le 8 mars 1965 à Abidjan, M. Bakayoko est décédé des suites d’un cancer le 10 mars 2021 à Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne.

D’avril 2011 à 2017, Hamed Bakayoko est ministre de l’Intérieur de Côte d’Ivoire. Son expérience et ses bonnes relations lui ont permis de stabiliser le pays qui sortait de la crise post-électorale 2010-2011.

En juillet 2017, à la suite des mutineries des Forces armées de Côte d’Ivoire, M. Bakayoko est nommé ministre de la Défense pour rétablir l’ordre au sein de l’institution militaire.

En juillet 2020, le journaliste Hamed Bakayoko accède à la Primature en tant que membre du RDR-RHDP, parti au pouvoir du président Alassane Ouattara.

C’est en 1986, après deux ans passés à la Faculté de Médecine à l’université de Ouagadougou au Burkina Faso, que Bakayoko décide de se consacrer au journalisme.

En 1990, il devient le responsable de la Jeunesse estudiantine et scolaire du PDCI. C’est aussi durant la même année, à l’âge de 25 ans, qu’il fonde le quotidien Le Patriote qu’il gère jusqu’en 1993.

Il est le premier directeur général à la création de radio Nostalgie Côte d’Ivoire, avant de devenir en 2000 le président directeur général de radio Nostalgie Afrique.

Marié et père de quatre enfants, l’ancien Premier ministre Hamed Bakayoko était également jusqu’à sa mort, maire de la commune d’Abobo.

Moufida Tlatli, réalisatrice (Tunisie)

La réalisatrice tunisienne Moufida Tlatli

Née le 4 août 1947 à Sidi Bou Saïd, Moufida Tlatli est décédée le 7 février 2021, à l’âge de 73 ans.

Ministre de la Culture de son pays pendant seulement dix jours en janvier 2011, la réalisatrice Moufida Tlatli était également une scénariste et une monteuse.

C’est grâce à son professeur de philosophie qu’elle découvre le cinéma.

Elle obtient son diplôme de montage en 1968 et rentre au pays.

En 1994, elle réalise son premier long métrage, « Les Silences du palais », et remporte le Tanit d’or aux Journées cinématographiques de Carthage avec son collaborateur Nouri Bouzid.

Elle a également remporté la Tulipe d’or au Festival international du film d’Istanbul, le Prix du meilleur long métrage lors du 5e Festival du cinéma africain de Milan.

Moufida Tlatli a aussi obtenu une mention du jury de la Caméra d’or au Festival de Cannes.

Depuis 2001, elle fait partie du jury du Festival de Cannes.

En 2004, elle obtient le prix McMillan-Stewart décerné par l’université Harvard.

Thione Ballago Seck, musicien (Sénégal)

Thione Ballago Seck a mené une carrière musicale respectable avec son groupe le Raam Daan

Né en 1955 à Dakar, Thione Seck, qui est issu d’une famille griotte, a très tôt pris part aux manifestations culturelles et traditionnelles.

Il sera très vite remarqué et intègre le Star Band de Dakar, avant de rejoindre dans les années 1970 l’Orchestra Baobab qui excellait dans la musique salsa afro-cubaine.

En 1984, il crée avec son jeune frère Mapenda Seck, le Raam Daan (littéralement ‘ramper pour vaincre’ en Wolof).

Dans son répertoire musical, il aborde des thèmes comme l’amour, la famille, la société, la spiritualité qui font de lui un chouchou des fans du mbalax (rythme musical sénégalais basé sur des percussions).

En 2015, alors que sa santé commençait à être inquiétante, sa riche carrière est éprouvée par une affaire de fausse monnaie qui l’entraine dans une longue période de détention, suivi d’un procès en 2019, puis d’un jugement en appel en 2020.

Contre toute attente, le 14 mars 2021 à Dakar, à l’âge de 66 ans, Thione Ballago Seck est décédé, laissant derrière lui un vaste héritage musical à son fils Wally Seck.

John Magufuli, ancien président (Tanzanie)

L'ancien John Magufuli est décédé en fonction le 17 mars 2021, quelques mois seulement après sa réélection pour un second mandat

Né le 29 octobre 1959 à Chato, dans le nord-ouest de la Tanzanie, l’ancien de l’Etat est décédé en fonction le 17 mars 2021, quelques mois seulement après sa réélection pour un second mandat.

Issu d’une famille pauvre qui vivait sur les bords du lac Victoria, John Magufuli a vendu du poisson et du lait en surveillant le bétail, pour aider ses parents.

C’est le 5 novembre 2015 que M. Magufuli, a accédé à la magistrature suprême, après avoir été plusieurs fois ministre dans son pays.

Brillant élève en Chimie et en Mathématiques, il obtient son doctorat en Chimie à l’université de Dar es Salam.

Il sera d’abord enseignant à l’école secondaire de Sengerema, puis chimiste industriel.

Devenu député dans les années 1990 pour le compte du Chama cha Mapinduzi (CCM), le premier parti de Tanzanie, il gravit très vite les échelons.

Il devient successivement, entre 2000 et 2015, ministre de l’Elevage, de la Pêche, des Terres, du Logement et des Travaux publics.

M. Magafuli a contribué à la construction de nombreuses routes en Tanzanie.

L’ancien président tanzanien est surtout remarqué pour son scepticisme à l’égard du Covid-19.

Il était convaincu jusqu’à sa mort que son pays était « préservé de la pandémie par Dieu grâce aux prières des Tanzaniens. »

John Magufuli est remplacé à sa mort par la vice-présidente Samia Suluhu. Il était père de cinq enfants.

Nawal El Saadawi, écrivaine et activiste (Egypte)

L'activiste égyptienne Nawal El Saadawi a beaucoup contribué au combat pour l'émancipation des femmes égyptiennes et du monde arabe

Nawal El Saadawi aura bien marqué son époque pour son combat mené pour l’émancipation des femmes du monde arabe.

Née le 27 octobre 1931 à Kafr Tahla, près du Caire, elle opte pour l’activisme.

En 1981, elle est conduite en prison pour s’être opposée à la loi du parti unique sous le président Anouar el-Sadate.

Quand Hosni Moubarak arrive au pouvoir, après l’assassinat de Sadate, elle est libérée en 1982.

Elle publie son livre « Mémoires de la prison des femmes«  et fonde l’Association arabe pour la solidarité des femmes.

Ce mouvement féministe sera interdit en 1991.

Son engagement activistes dans ses œuvres littéraires, très critiques, sur les brutalités policières, la condition de la femme en Egypte et dans le monde arabe, mais aussi la montée de l’intégrisme religieux la contraignent à l’exil.

Elle a eu la chance de rentrer dans son pays natal où elle est décédée au Caire, le 21 mars 2021.

Didier Ratsiraka, ancien président (Madagascar)

Le président Didier Ratsiraka est décédé le 28 mars 2021 à Antananarivo

Né le 4 novembre 1936 à Vatomandry, une province de Tamatave, l’ancien président malgache est décédé le 28 mars au centre hospitalier de Soavinandriana à Antananarivo, la capitale, des suites d’une « petite grippe ».

Didier Ratsiraka est l’enfant d’un fonctionnaire de l’administration coloniale.

Brillant élève, il va poursuivre ses études en France où il fut admis à l’école navale d’où il sortira 2e de sa promotion.

Il retourne dans son pays avec le grade d’enseigne de vaisseau de 1ere classe.

Fort de son expérience sur le vaisseau français Jeanne d’Arc, il devient le commandant du patrouilleur Tanamasoandro, qui a été cédé à son pays par la France.

Son avenir sera scellé à bord de ce vaisseau qui s’échoue sous son commandement, au fond de l’anse Nièvre, à la suite de fausses manœuvres.

En guise de sanction, Ratsiraka sera affecté au poste d’attaché d’Ambassade à Paris.

Entre 1972 et 1975, durant la transition militaire, il devient ministre des Affaires étrangères.

C’est bien Didier Ratsiraka qui a obtenu en 1973 la révision des accords de coopération avec la France avec le départ des militaires français présents à Madagascar et la sortie de la zone Franc.

Fondateur du parti socialiste et nationaliste Arema, il est élu président de la République en 1975 après la transition militaire.

En 1993, Albert Zafy lui succède au pouvoir à la suite d’une réclamation des forces vives pour une transition libérale amorcée dès 1991.

En 1996, Didier Ratsiraka revient au pouvoir et procède à une nouvelle réforme constitutionnelle.

En 2002, à la suite des tensions nées de la présidentielle qui l’a opposé à Marc Ravalomanana, il s’exile en France.

Ayant vu sa candidature invalidée à la présidentielle de 2013, Ratsiraka se présente en 2018 et se fait éliminer dès le premier tour.

Idriss Déby, ancien président (Tchad)

Le président Déby est décédé le 20 avril 2021 à Ndjaména des suites de blessures au front

L’ancien chef de l’Etat tchadien est né le 18 juin 1952 à Berdoba et est décédé à Ndjaména le 20 avril 2021, à l’âge de 68 ans.

Un peu après l’annonce de sa victoire pour un sixième mandat, le maréchal du Tchad, blessé au front face à des rebelles du Front pour l’alternance et la concorde, succombe à ses blessures.

Il est remplacé par son fils Mahamat Idriss Déby qui dirige le Conseil militaire de transition mis en place.

Le président Déby a rempli une riche carrière militaire.

Il entre à l’école des officiers de Ndjaména après l’obtention de son baccalauréat.

En 1976, il décroche une licence de pilote professionnel en Transport des troupes, à l’Institut aéronautique Amaury de la Grange, en France.

En 1979, Déby rentre au pays et soutient la rébellion en mars 1980 de Hissène Habré contre le président Goukouni Oueddei, après l’éclatement du Gouvernement d’union nationale de transition (GUNT).

Il est nommé Commandant en chef des Forces armées du nord (FAN) par Hissène Habré, qui, le 7 juin 1982, pousse Goukouni à s’exiler en Algérie.

En 1983, il est promu au grade de Colonel et devient l’adjoint du chef des armées du Tchad.

En 1985, il retourne en France à l’Ecole de guerre inter-armées et va s’occuper dès son retour en 1986 du poste de conseiller du président Habré pour la défense et la sécurité.

En 1990, avec le soutien de la France, il réussit à déposer le président Hissène Habré qui se réfugie avec sa famille au Sénégal.

Son titre de maréchal lui a été accordé en 2020 lors de son offensive victorieuse, à la tête des troupes tchadiennes, contre Boko Haram.

Le président Déby a aussi été le président de l’Union africaine de 2016 à 2017.

Germaine Ahidjo, ancienne première dame (Cameroun)

Germaine Ahidjo, décédée le 20 avril 2021 à Dakar, est inhumée près de son mari au cimetière musulman de Yoff

Germaine Ahidjo, l’épouse du premier président de la République du Cameroun, Amadou Ahidjo, est décédée le 20 avril 2021 à Dakar, capitale du Sénégal où elle vivait avec sa famille depuis leur exil.

Née le 11 février 1930 à Mokolo, elle se marie le 17 août 1957 à Amadou Ahidjo, le père de l’indépendance du Cameroun qu’elle a rencontré en 1955.

Elle devient alors la Première dame du Cameroun de 1960 à 1982.

Après l’obtention de son certificat d’études en 1942, Germaine Ahidjo intègre la cité des Métis de Douala, devenue aujourd’hui le lycée New-Bell.

En 1947, elle obtient une bourse qui la conduit en France où elle décroche un diplôme d’infirmière d’Etat en 1952.

En 1953, elle se spécialise en maladies tropicales à l’Institut Pasteur.

Mme Ahidjo a eu trois filles (Babette, Aissatou et Aminatou) de son mariage avec l’ancien président du Cameroun.

Elle a aussi un fils, Daniel Touffic, de son premier mariage avec un Libanais.

Elle est inhumée au cimetière musulman de Yoff, près de son mari, le président Amadou Ahidjo, décédé le 30 novembre 1989 à Dakar.

Béchir Ben Yahmed, fondateur de Jeune Afrique (Tunisie/France)

Le journaliste tunisien Béchir Ben Yahmed est le fondateur du magazine Jeune Afrique

Le journaliste Béchir Ben Yahmed est né le 2 avril 1928 à Mahboubine sur l’île de Djerba en Tunisie.

Il est décédé le 3 mai 2021 à Paris des suites de complications liées au Covid-19, à l’âge de 93 ans.

Fils d’un commerçant de Djerba, Béchir Ben Yahmed a contribué, de 1954 à 1956, aux négociations de l’autonomie interne, puis de l’indépendance de la Tunisie.

Le diplômé de l’Ecole des hautes études commerciales de Paris (HEC) a fondé en 1955 l’hebdomadaire L’Action qui disparait des kiosques dès 1958.

En 1956, il est nommé secrétaire d’Etat à l’Information dans le cabinet du Premier ministre Habib Bourguiba.

Il ne siège pas pour autant à l’assemblée constituante pour son jeune âge (28 ans).

Béchir Ben Yahmed démissionne plus tard du gouvernement en septembre 1957.

En octobre 1960, il fonde Afrique Action qui devient Jeune Afrique le 21 novembre 1961.

Deux ans plus tard, en mai 1962, il émigre à Rome, puis rejoint Paris où il s’installe en 1964.

Il reste à la tête du magazine Jeune Afrique jusqu’en octobre 2007.

Il est remplacé à la tête de l’institution par François Soudan.

Ben Yahmed est aussi le fondateur des Editions du Jaguar et crée La Revue qu’il dirige lui-même.

Temitope Balogun Joshua, pasteur néo pentecôtiste (Nigéria)

Le pasteur TB Joshua est décédé le 5 juin 2021 à Lagos

T. B. Joshua est né le 12 juin 1963 à Arigidi-Akoko, dans l’Etat d’Ondo.

Le télévangéliste, fondateur de la Synagogue, Eglise de toutes les Nations (SCOAN) est décédé le 5 juin 2021 à Lagos.

T. B. Joshua, alias Balogun Francis, a suivi ses études primaires à l’école anglicane Saint-Etienne d’Arigidi Akoko, entre 1971 et 1977.

Il manifeste très jeune son amour pour la Bible et se fait surnommer le « petit pasteur » à l’école.

T. B. Joshua a tenté de rejoindre l’armée, mais il a été recalé à cause de la panne du train qui devait le conduire à l’académie militaire.

La SCOAN est décrite comme l’une des destinations touristiques les plus prisées de l’Afrique de l’Ouest.

Selon les chiffres publiés par le Service de l’Immigration Nigériane, six sur dix des voyageurs étrangers qui arrivent au Nigéria visitaient la SCOAN.

Le Pasteur Joshua a aussi réussi à implanter une église au Ghana.

La fortune de T. B. Joshua est estimée en 2011 entre 10 et 15 millions de dollars par le magazine Forbes qui le considère comme le 3e plus riche pasteur du Cameroun.

Il a reçu plusieurs distinctions dont celle de l’Officier de l’Ordre de la République fédérale (OFR) du Nigéria en 2008.

Il a été aussi nommé dans le lot des 50 personnes les plus influentes d’Afrique.

Hissène Habré, ancien président (Tchad)

Le président Hissène Habré est décédé à Dakar le 24 août 2021

Né le 13 août 1942 à Faya-Largeau, Hissène Habré est décédé le 24 août 2021 à Dakar.

Il est devenu président de la République du Tchad de 1982 à 1990.

Nommé sous-préfet de Moussoro par le président Tombalbaye, après l’indépendance du Tchad, Hissène Habré va poursuivre ses études en France.

En 1978, après quelques années de rébellion, il est nommé Premier ministre par le général Félix Malloum, alors président de la République.

Une guerre civile éclate dans le pays en février 1979.

Fondateur du Conseil de commandement des forces armées du Nord qui deviendra les Forces armées du Nord, Hissène Habré renverse le 7 juin 1982 le président du gouvernement d’union nationale (GUNT), Goukouni Oueddei qui s’exile à Alger.

Il supprime le poste de Premier ministre et transforme les FAN en une armée régulière, puis crée une police politique, la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), qui sera à la base de tous les excès dont il sera accusé.

Après quelques années de règne, le président Habré est renversé à son tour par le général Idriss Deby le 1er décembre 1990 et se réfugie avec sa famille au Sénégal où il vit jusqu’à sa mort.

Soupçonné d’être responsable de la mort de près de 40 000 personnes, l’ancien président tchadien a fait l’objet de nombreuses poursuites judiciaires.

Il est arrêté une première fois le 15 novembre 2005 à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par la justice belge, puis libéré.

La justice sénégalaise s’étant déclarée incompétente, l’affaire est portée au niveau de l’Union africaine qui, en juillet 2006, mandate le Sénégal pour juger le président Habré pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de tortures.

Le procès démarre le 20 juillet 2015 à Dakar auprès d’une juridiction d’exception mise en place par l’Union africaine (UA) dénommée les Chambres africaines extraordinaires.

Il est reconnu coupable de crimes contre l’humanité, d’esclavage et de de viols, d’enlèvements et exécutions le 30 mai 2016.

Le 29 juillet 2016, il est condamné à verser près de 20 millions de FCFA à chaque victime.

Il est placé en résidence surveillée le 7 avril 2020, à cause de la pandémie du Covid-19, sur demande de son avocat qui a évoqué des raisons de santé.

Le 7 juin 2020, il retourne en prison, malgré les nombreuses alertes de ses avocats et de sa famille sur son état de santé.

Kenneth Kaunda, ancien président (Zambie)

Le président Kenneth Kaunda est décédé le 17 juin 2021 à l'hôpital militaire de Lusaka

Né le 28 avril 1924 à Lubwa en Rhodésie du Nord, le père de l’indépendance de l’actuelle Zambie est décédé à Lusaka, la capitale, le 17 juin 2021.

Kenneth Kaunda devient le premier président de la République de Zambie indépendante, le 24 octobre 1964.

Il restera à la tête du pays jusqu’au 2 novembre 1991 et quitte le pouvoir à la suite de sa défaite à l’élection présidentielle face à Frederick Chiluba.

Fils d’un pasteur émigré du Malawi, Kenneth Kaunda a pu bénéficier d’une éducation scolaire.

A la suite de cette éducation de base, il devient enseignant jusqu’en 1947, avant d’émigrer en Rhodésie du Sud.

Au courant de sa carrière, M. Kaunda a été confronté à la ségrégation raciale dans sa Rhodésie du Nord qui était une colonie britannique.

Le combat politique de Kenneth a conduit les Britanniques à mettre en place la Fédération de Rhodésie et du Nyassaland, à partir de 1953.

En 1955, il est condamné aux travaux forcés pour son engagement contre les discriminations raciales.

Il lui était reproché d’avoir distribué des tracts jugés subversifs par les autorités coloniales dans son pays.

En 1960, il forme le United Party for Indépendance (UNIP) et commence à appeler le peuple pour la désobéissance civile, à l’image de Mahatma Ghandi en Inde.

En 1961, après avoir réussi à fédérer tous les Rhodésiens du Nord à son combat, il est à nouveau envoyé en prison et son parti est interdit.

Les Africains bénéficient de certains droits politiques, dont celui de voter et d’être associés aux décisions du gouvernement.

En 1960, les nationalistes africains de Rhodésie du Nord négocient avec le gouvernement britannique et le gouvernement fédéral une révision de la Constitution provisoire de 1953.

La nouvelle Constitution entre en vigueur le 6 décembre 1961 et fait suite à plusieurs troubles politiques qui vont aboutir à l’éclatement de la Fédération.

En 1964, le parti de Kenneth Kaunda, l’UNIP, remporte 55 des 88 sièges du Parlement, lors des élections législatives.

En tant que Premier ministre de Rhodésie du Nord, M. Kaunda négocie l’indépendance qui est proclamée le 24 octobre 1964 et devient le premier président de la République de Zambie.

Il instaure une dictature à parti unique et nationalise les mines de cuivre et les chemins de fer.

Après avoir quitté le pouvoir, Kenneth Kaunda s’est lancé dans des activités caritatives, notamment la lutte contre le VIH/Sida, dont un de ses fils est mort dans les années 1980.

Awa Diop, ancienne députée et ministre (Sénégal)

L'ancienne députée et ministre déléguée Awa Diop est décédée le 21 juillet 2021 à Dakar

L’une des premières militantes de la première heure du Parti démocratique sénégalais (PDS) est née à Rufisque le 1er mai 1948.

Dactylographe et sténographe de formation, Awa Diop a d’abord été secrétaire municipale à Rufisque, sa ville natale, puis à l’hôpital Aristide Le Dantec de Dakar.

C’est le 2 février 1975, à l’occasion d’une visite de Me Abdoulaye Wade à Rufisque, qu’elle adhère au PDS qui a été fondé en 1974.

En 1988 et en 1993, Mme Awa Diop se fait arrêter par la police pour « manifestations non autorisées ».

En 1993, elle est élue députée pour la première fois.

Le 21 avril 2004, elle est nommée ministre déléguée auprès du Premier ministre Macky Sall. Elle est reconduite au poste à la formation du 23 novembre 2006.

Veuve et mère de quatre enfants, Mme Awa Diop est décédée le 21 juillet 2021 à Dakar.

Amobé Mévégué, journaliste et producteur (Cameroun)

Amobé Mévégué est décédé le 8 septembre 2021 en France

Né le 1er octobre 1968 à Yaoundé, Amobé, qui arrive en France à l’âge de cinq ans, est décédé le 8 septembre 2021 à Asnières-sur-Seine.

Diplômé en Communication, il travaille pour plusieurs radios africaines et antillaises.

Dans les années 1980, il participe à la mise en place de Tabala FM, la première radio africaine établie en France.

Il se lance dans le journalisme et manifeste sa passion pour les questions de développement durable.

Dès 1994, il produit pour Radio France Internationale (RFI), l’émission Plein Sud qui est suivie par plus de 45 millions d’auditeurs.

En 1996, grâce à Canal France Internationale (CFI), il produit Africa Musica, le premier hit-parade des musiques africaines diffusée sur une trentaine de chaines de télévisions nationales d’Afrique.

Sa formation en Cinématographie lui permet de réaliser des courts-métrages.

Il crée le magazine de presse écrite Afrobiz qui est tiré à plus de 50 000 exemplaires en 2000.

En 2002, sur TV5 Monde, il reçoit les grands noms de la musique internationale à l’émission Acoustic.

En 2010, il anime le journal de la culture musicale sur France 24.

En raison du Covid-19, il crée le World Wide Afro Network (Wan Show 2.0) dans lequel participent plus de 200 personnalités de tous les horizons.

Il était fondateur de la télévision panafricaine Ubiznews qu’il dirigeait jusqu’à sa mort le 8 septembre 2021 des suites d’un paludisme aggravé.

Charles Konan Banny, ancien Premier ministre (Côte d’Ivoire)

Charles Konan Banny est décédé lé 10 septembre à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, à l'âge de 78 ans

L’économiste Charles Konan Banny est le 11 novembre 1942 à Divo, en Côte d’Ivoire.

Infecté à Abidjan par le Covid-19, il est évacué le 7 septembre en France où il est décédé lé 10 septembre à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 78 ans.

C’est en 1969 que Charles Konan Banny débute sa carrière au poste de chargé de mission à la Caisse de stabilisation et des soutien des prix des productions agricoles en Côte d’Ivoire.

En 1970, il entre à l’Organisation interafricaine du café (OIAC). Six ans plus tard, en 1976, il rejoint la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

De 1990 à 1993, quand Alassane Ouattara est nommé Premier ministre par le président Felix Houphouët-Boigny, il devient Gouverneur de la BCEAO par intérim.

A partir du 1er janvier 1994, il en assure le plein titre de gouverneur. Un poste qu’il conserve jusqu’en 2005.

Le 4 décembre 2005, il est nommé Premier ministre.

Mais à la suite du scandale lié au déversement de déchets toxiques en Côte d’Ivoire en août 2006, il présente sa démission et celle de son gouvernement au président Laurent Gbagbo.

Il est aussitôt reconduit à la tête du gouvernement et forme une nouvelle équipe le 16 septembre 2006.

Le 29 mars 2007, il quitte à nouveau la tête du gouvernement.

Après la crise politique de 2010-2011, il est nommé président de la Commission pour le dialogue, la vérité et la réconciliation (CDVR) de septembre à décembre 2014.

Candidat à la présidentielle de 2015, il s’est retiré de la course avant le démarrage du scrutin.

Abdelaziz Bouteflika, ancien président (Algérie)

Le président Abdelaziz Bouteflika est décédé le 17 septembre 2021 à Zéralda, à l'âge de 84 ans

Né le 2 mars 1937 à Oujda au Maroc, Abdelaziz Bouteflika est décédé à Zéralda en Algérie, des suites d’une longue maladie le 17 septembre 2021, à l’âge de 84 ans.

L’ancien chef de l’Etat algérien a dirigé son pays du 27 avril 1999 au 2 avril 2019.

Engagé dans l’Armée de libération nationale, il a joué un rôle clé dans l’indépendance de l’Algérie dans les années 1950 et 1960.

En 1962, quand l’Algérie obtient son autonomie de la France, il devient à l’âge de 25 ans le plus jeune ministre des Affaires étrangères du monde.

Un poste qu’il a occupé pendant 16 ans.

En 1974, alors qu’il est le président l’Assemblée générale de l’ONU, il invite Yasser Arafat, le leader palestinien à s’adresser à l’organe directeur de l’institution mondiale.

Abdelaziz Bouteflika fait aussi partie des dirigeants qui se sont battus pour que la Chine ait un siège à l’ONU.

Il a aussi été un farouche opposant de la politique de l’apartheid appliquée par le gouvernement blanc en Afrique du Sud.

En 1980, il est accusé de détournement de fonds et est contraint à l’exil de 1981 à 1987.

Il rentre au pays et à l’issue de la guerre civile des années 1990, il est candidat à la présidentielle de 1999 qu’il remporte de manière controversée au premier tour avec 73,8% des suffrages.

Fort de sa grande expérience de diplomate, il réussit à négocier la paix entre l’armée et les militants islamistes armés qui se livrent à la guerre civile qui a fait plus de 200 000 victimes dans le pays.

Il est réélu en 2004, puis en 2009 et en 2014, devenant ainsi le chef de l’Etat algérien étant resté le plus longtemps au pouvoir.

Victime d’un grave accident vasculaire cérébral depuis 2013, sa dernière apparition publique a eu lieu en 2017, lorsqu’il inaugurait une station de métro et la mosquée Ketchaoua, à Alger.

Des rumeurs font de son frère cadet Saïd Bouteflika, le véritable dirigeant du pays dans les coulisses.

De nombreuses manifestations publiques dans tout le pays le dissuadent de briguer un cinquième mandat.

Il est contraint sous la pression de l’armée de démissionner.

La liste n’est pas exhaustive

En effet, plusieurs autres personnalités, comme en 2020, nous ont quittés durant cette année 2021 à travers le continent.

Nous pouvons noter Mme Okou Djeneba Gon Coulibaly, qui était la Directrice générale adjointe (DGA) du Port Autonome d’Abidjan, décédée le 17 décembre à Paris. Elle était la petite soeur de l’ancien Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Mais aussi le maréchal Mohamed Hussein Tantawi Soliman (Egypte), Ibrahim Mbombo Njoya, le roi des Bamouns (Cameroun), Clément Mouamba, ancien ministre (Congo), le journaliste Tshitenge Lubabu (Congo), Abdelkader Bensalah, ancien président par intérim (Algérie), le footballeur Jean-Pierre Adams (France/Sénégal), Charles Gomis, homme politique (Côte d’Ivoire), Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya (RDC), El-Hadj Abbas Bonfoh, ancien chef de l’Etat (Togo), Naïma Ababsa, chanteuse (Algérie), entre autres.

Avec BBC Afrique

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