Projet de construction d’un hôtel sur la corniche: Atépa accusé de tentative d’expropriation

0
[dropcap]L[/dropcap]e célèbre architecte est soupçonné de conflit d’intérêts sur la corniche, où il aurait un projet de construction d’un hôtel 5 étoiles, sur un site dont il voudrait exproprier les légitimes propriétaires. Ces derniers en ont d’ailleurs fait part au Premier ministre Dionne.
Un élément nouveau jette plus de lumière sur l’agitation dont fait montre Pierre Goudiaby Atepa, le célèbre architecte dakarois, dans sa volonté affirmée de protéger la corniche de Dakar. Volonté qui s’est d’ailleurs manifestée par la création de la Plateforme pour l’environnement et la réappropriation du littoral entier (Perle), association dont il est le président d’honneur. Or, voilà qu’on apprend que ce n’est pas toujours dans un but désintéressé que M. Goudiaby cherche à empêcher les constructions sur la corniche ouest de Dakar. Il semblerait même que depuis 2008, il ait été à l’initiative d’un projet de construction d’un hôtel Sheraton non loin de là.
Ce projet, celui qui fut l’architecte-conseil de l’ancien Prési­dent Wade l’avait initié avec l’un des proches de ce dernier, M. Aliou Aïdara Sylla. Ce dernier explique dans une missive adressée au Premier ministre Maham­mad Boun Abdallah Dionne, et à laquelle Le Quotidien a pu jeter un regard, que c’est Atepa qui l’avait conduit, en compagnie de l’ancien chef de l’Etat, sur le terrain de 17 mille 837 m² sur la corniche que Me Wade a déclassifié et fait vendre à Aïdara Sylla. Atepa aurait promis à ce dernier de lui trouver des partenaires pour y construire un hôtel 5 étoiles. Aïdara Sylla avait, pour les besoins de recherche de partenariat en Afrique du Sud, pris en charge les frais d’un billet d’avion AR en classe affaires pour Atepa, pour le pays de Mandela.
Une partie du terrain aurait été cédée au Malien Mossadek Bailly, qui veut y construire son hôtel dakarois, l’Azalaï de Dakar, pour lequel il aurait déjà levé 20 milliards de francs Cfa. Une autre portion encore serait en train de servir à l’extension du complexe Terrou Bi. Et en 2008, quand il faisait ces démarches, Aïdara Sylla assure qu’il était en parfaite intelligence avec Goudiaby. Ce dernier d’ailleurs, supervisait les travaux d’aménagement et d’embellissement du Terrou Bi. Mais les choses n’ont pas duré longtemps, semble-t-il.
Un conflit d’affaires est venu opposer Atepa et ses partenaires qui se retrouvent aujourd’hui dans des camps opposés. Au moment où il lutte pour les empêcher de concrétiser leurs projets sur le site, il semble que Pierre Goudiaby Atepa nourrisse de son côté des projets parallèles sur le même site. Il aurait même fait part de l’intention de transformer la marina créée par les propriétaires du Terrou Bi en plage privée, contiguë à un monument qu’il veut faire ériger sur le site, à la place de l’hôtel dont il a été le promoteur .
Il se dit également qu’il ne serait plus totalement opposé au projet hôtelier de Mossadek Bailly qu’il consentirait à voir poursuivre. Mais là aussi, ce ne serait pas par bonté de cœur, mais des personnes bien informées parlent plutôt d’un conflit d’intérêts.
Quoi qu’il en soit, les différents protagonistes ont décidé d’informer les autorités politiques de leur position, et des courriers ont déjà été adressés au Premier ministre pour lui faire comprendre que ne pas faire justice aux revendications de Pierre Gou­diaby serait justement faire preuve de … justice.
Pour sa part, Le Quotidien a passé la soirée d’hier à tenter de joindre M. Atepa, aussi bien sur son numéro du Sénégal que sur celui de France. Sur les deux, il n’était pas joignable. Un message écrit lui a été envoyé sur son portable français, dont il a accusé réception, mais qu’il n’a pas jugé utile de répondre. De notre côté, nos colonnes lui sont toujours ouvertes au cas où il voudrait réagir.
avec le quotidien

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.