Revue avec la banque mondiale: les terribles manquements des services d’Amadou Bâ

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Comme les années passées, le Sénégal et la Banque mondiale ont passé en revue leurs portefeuilles de projets, à l’occasion d’une rencontre bilatérale avant-hier. L’année 2016, cependant, les services d’Amadou Bâ ne sont pas près de l’oublier. Outre le fait de se «lâcher sur le ministre», c’est à de terribles révélations que la Banque s’est laissée aller, avec Fatou Fall Samba, qui procédait à la présentation pour le compte de l’Institution.

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan et ses services devraient prier pour que l’évaluation avec les partenaires financiers se fasse dans la discrétion. Selon la Banque mondiale dont Fatou Fall Samba se faisait l’écho lors de sa présentation, c’est quelque chose comme 80% des projets qui ont été engagés. Mais pour autant, il n’y a pas de quoi danser, parce que la moitié des projets financés pour le compte du Sénégal ont du mal à mobiliser les fonds de contrepartie.

Elle souligne, par exemple, que pour le programme «Paquet» du ministère de l’Education nationale, les 10 milliards qui avaient été retenus depuis 2014 ne sont toujours pas mobilisés. Alors que, dans les engagements du Gouvernement, en ce qui concerne les accords de financements, ce projet devait mobiliser par exemple cinq milliards tous les ans. Ce, depuis 2014.

Sur les cinq milliards par an, vilipende la dame, c’est 0% qui a été mobilisé en 2014 et 0% en 2015. Ce n’est qu’en 2016 qu’il y a eu 3,6 milliards mobilisés sur les cinq milliards. Ce qui pose un problème de fonctionnement et un problème de respect des accords de financements.

 UN FONDS DE CONTREPARTIE LOGÉ A LA SENELEC DONT L’EXISTENCE EST IGNORÉE

 Autre grosse révélation de la dame, c’est le problème de la rétrocession des fonds de contrepartie logés dans certaines agences et structures. Sur ce point précis, elle déclare que pour le Projet d’appui au secteur de l’électricité (Pase : un projet logé à la Senelec), il est presque impossible d’avoir accès aux fonds de contrepartie.

Les gens ne sont même pas au courant de l’existence de ce fonds de contrepartie. Ce n’est que quelques semaines auparavant que ce projet a eu l’information sur les fonds de contrepartie dont il dispose. Et la Banque mondiale de se demander si le Pase, qui n’était pas au courant de l’existence du fonds, va pouvoir le mobiliser, parce qu’on est à la fin de l’année fiscale. «Il se pose donc un véritable problème de mobilisation et un problème de suffisance des fonds de contrepartie à programmer. Est-ce que d’ailleurs les 17,5 milliards qui ont été programmés correspondent bien aux engagements de l’Etat ?», s’est demandé la dame. Sans attendre de réponse, elle embraye : «ça ne correspond pas. C’est en deçà des engagements de l’Etat».

 DES CHEQUES QUI REVIENNENT IMPAYÉS A CAUSE D’UN PROBLEME D’INDISPONIBILTÉ AU TRESOR

 Au chapitre des impairs relevés dans le manque de sérieux côté Ministère de l’Economie et des Finances, il y a aussi l’accès aux fonds de contrepartie. Certains chèques sur des fonds de contrepartie, selon Fatou Fall Samba, «reviennent impayés», parce que parfois, il y a absence de disponibilité au niveau des services du Trésor. C’est bien programmé, c’est dans le budget, mais la disponibilité des fonds reste un problème.

On ne parle même pas des lenteurs administratives et autres problèmes liés à l’harmonisation des rémunérations. Pour les rémunérations, justement, il y a des problèmes, d’après la Bm. Une instabilité qui fait que les projets ne donnent pas toujours les résultats attendus. «Le personnel bouge de projet en projet, parce qu’il y a des augmentations de salaire proposées par d’autres projets. Nous avons demandé au Ministère de l’Economie et des Finances de mettre en place une grille pour lever déjà cette surenchère, mais aussi mettre la transparence et lever l’ambiguïté sur le statut fiscal», a fait savoir Mme Fall, qui ne manque pas de se montrer ferme à l’endroit des banques de la place.

FERMETURE DE COMPTES AUPRES DE CERTAINES BANQUES

L’année dernière, souffle-t-elle, le même problème s’était posé et la Banque mondiale avait clairement indiqué que pour chaque projet, il devait y avoir des conditions bancaires. «Il y a des banques qui ne répondent pas aux demandes des auditeurs. Annuellement, les auditeurs externes demandent des confirmations de soldes aux projets, mais certaines banques refusent de répondre à ces demandes. Cela a comme impacts des réserves sur les audits. Alors, s’il s’agit de réserves sur les crédits, c’est moins gênant.

Mais quand il s’agit de réserves sur des dons, cela amène des questions de la part des donateurs, parce que ce ne sont pas les fonds de la banque. Ce sont les fonds des donateurs. Ils se demanderont pourquoi, il y a des réserves, alors que ces réserves sont causées par les banques qui refusent de répondre. La recommandation de la Banque mondiale est peut-être un peu sévère, mais nous demandons de fermer les comptes dans ces banques qui ne répondent pas aux demandes de confirmation. Parce que cela a un impact sur les dons que reçoit le pays».

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