Après sa nomination : Aissata Tall Sall parle pour la première fois et défend son dossier

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C’est sa première réaction après sa nomination au poste d’Envoyée spéciale. Me Aïssata Tall Sall, qui remercie le chef de l’Etat, a aussi répondu à ceux qui doutent de la pertinence et du contenu de ce poste. «Le poste n’existe que par ce que la personne nommée en fait», a-t-elle dit hier par téléphone. Et puis, ajoute le maire de Podor, «il y a tellement à faire qu’il n’y a peut-être que les ignorants qui peuvent penser ainsi».

Comment avez-vous ac­cueilli votre nomination au poste d’Envoyée spéciale ?
Je voudrais d’abord remercier le Président Macky Sall pour la confiance qu’il a placée en moi. J’imagine que c’est une lourde responsabilité qui m’attend à ce poste d’Envoyée spéciale. Je tâcherai d’être à la hauteur et de ne pas le décevoir en me mettant exclusivement au service du Sénégal parce que mon éthique, ma déontologie, mes principes, ma façon même de concevoir et de faire la politique, c’est seulement cela qui m’intéresse aujourd’hui. Quand le Président m’en a parlé, je l’ai considéré comme un honneur de revenir aux affaires pour servir mon pays. Et je n’ai pas hésité une seconde à accepter d’être à ses côtés et à exécuter les missions qu’il ne manquera pas de me con­fier.

Qu’est-ce que cela vous fait de remplacer une autre dame, Aminata Touré en l’occurrence, qui a été la première personnalité à occuper ce poste ?
Beaucoup de fierté. Vous savez, les gens ne savent pas que Aminata Touré et moi avons toujours eu des relations empreintes d’amitié, de respect et d’estime réciproque. Il n’y a pas encore 10 jours, je suis partie lui rendre une visite de courtoisie parce que depuis sa nomination à la tête du Conseil économique, social et environnemental, je n’avais pas eu l’occasion de le faire. J’ai estimé que je devais le faire pour une double raison : la première, c’est qu’elle est à la tête d’une institution qui doit remplir un rôle extrêmement important dans les questions de développement qui se posent à nos Etats. Tout le monde sait aujourd’hui que le défi de l’environnement est presque civilisationnel. Com­ment devons-nous changer nos comportements, nos attitudes et même nos idées par rapport, j’allais même dire, à notre existence ? Et être à la tête d’une institution qui s’occupe de cela et qui doit conseiller le président de la République et défendre les idées sur la sauvegarde et la préservation de l’environnement et de notre culture, je pense que cela est extrêmement important. Il était bon qu’une femme soit à la tête d’une institution comme celle-là, même si ce n’était pas une première. Mais je suis partie quand même la féliciter et l’encourager. La deuxième raison, c’est que sur le plan politique, nous avons toujours échangé, elle et moi. Vous savez, en politique, les femmes ont le même défi et mènent le même combat au-delà de ce qui peut les distinguer et les différencier sur l’option fondamentale et politique qui guide leurs actions. Donc, J’ai toujours discuté avec Aminata Touré, et je crois que cela a fait que je me fais un devoir de me déplacer et d’aller la voir. Et hier (aussitôt après sa nomination), elle m’a bien renvoyé l’ascenseur puisqu’elle m’a téléphoné. Nous avons discuté et nous allons continuer à le faire pour le bien et l’intérêt du Sénégal.

Certains doutent quand même de la pertinence de ce poste d’Envoyée spéciale. Quelles devraient être vos missions ?
Le poste n’existe que par ce que la personne qui est nommée en fait. L’idée que j’en ai est extrêmement sérieuse et importante. Et aujourd’hui, sur le plan international comme national, nous pouvons accomplir et mettre en œuvre la politique définie par le chef de l’Etat. C’est quand même du sérieux. D’autres responsabilités sont confiées aux uns et aux autres, pas seulement à l’Envoyée spéciale, mais à tous les autres qui, autour du président de la République, lui devant et nous avec lui, les réalisent pour le bien du Sénégal. Et puis, je crois que c’est un peu tiré par les cheveux – excusez-moi du terme – que de dire cela. En tout cas, moi j’ai la pleine confiance que c’est une mission extrêmement importante au service du Sénégal. Et je l’accomplirai inchallah dans la plénitude de mes capacités et de mes compétences.

Mais justement, certains en rigolent parfois en disant «Envoyée spéciale où ? En quoi ?». Qu’en dites-vous ?
Mais Envoyée spéciale partout où cela est nécessaire et pour la sauvegarde des intérêts du Sénégal et de son image. Pour cette tâche-là, je pense qu’il y a tellement à faire qu’il n’y a peut-être que les ignorants ou ceux-là qui ne connaissent pas la République, qui est chose sacrée, qui peuvent penser ainsi.

Cette nomination entraîne votre départ de l’Assem­blée nationale après quand même deux Législatures…
Oui je peux dire en vraie nostalgique, l’Assemblée nationale est un cénacle très formateur pour le politique. J’y ai énormément appris et je pense que c’est le lieu par excellence où les politiques s’affrontent dans le sens noble du terme. Quand je suis arrivée à la première Législature à laquelle j’ai eu l’honneur de participer, j’ai énormément appris. Comme on dit, j’ai blanchi sous le harnais des débats parlementaires. Et d’ailleurs, mes collègues députés n’ont pas manqué de me dire hier : «Ta voix va nous manquer.» Et je leur ai répondu que ce sont eux et les débats qui me manqueront. C’est peut-être aussi cette hargne et cette passion qui me manqueront. Mais bon, c’est une autre façon aussi de faire la politique et, comme je le dis, au service du Sénégal. Parce que pour moi, l’essentiel c’est le Sénégal et seulement le Sénégal.

L’Assemblée, c’est aussi un lieu où vous aviez un ton beaucoup plus libre, n’est-ce pas ?
Vous savez, à chaque responsabilité ses avantages et ses inconvénients. On ne peut pas avoir des fonctions gouvernementales, être un soldat pour le pays, et puis revêtir le manteau d’une liberté absolue. Je pense que l’un dans l’autre, il faut savoir garder la mesure et je ne dérogerai pas à cela.

Qu’est-ce que ce poste peut vous apporter de plus dans votre militantisme à Podor ou pour la mairie ?
Je pense que j’ai bien mené ma mission de maire. Mais c’est aux Podorois d’en juger. Que je sois aux affaires ou dans l’opposition, je ne suis qu’à la disposition des Podorois. Et cela restera inchangé. Donc, je ne vois pas ce que cela peut apporter, non plus que ce que cela peut amoindrir. Je reste le maire de Podor, au service des Podorois avec ce que je peux faire, avec mes relations internationales, et je continuerai cela.

LEQUOTIDIEN

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