Dépistage de masse : L’Institut Pasteur réticent malgré la non-maîtrise de la transmission communautaire.

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La situation actuelle du Sénégal ne justifie pas un dépistage de masse. C’est la conviction du Dr Amadou Alpha Sall. Pour étayer son propos, le directeur de l’Institut Pasteur au Sénégal, qui participait au point de presse du comité national chargé de lutter contre le nouveau Coronavirus un mois après son apparition au Sénégal, convoque le défaut de logistique auquel fait face notre pays.

Selon lui, ce qui se fait actuellement « correspond à ce que l’on doit faire dans une telle situation », c’est à dire identifier les cas et les suivre. Dans le même temps, il révèle qu’à ce jour, l’Institut Pasteur a reçu 1.738 échantillons qui ont livré 195 personnes positives au coronavirus.

Même si on peut lui concéder l’absence de moyens conséquents pour procéder à un dépistage de masse, force est de constater que la situation est loin d’être sous contrôle comme il le prétend, d’autant plus que le Sénégal connaît des cas issus de la transmission communautaire.

Dans sa communication, le Dr Abdoulaye Bousso, Directeur du Centre des opérations d’urgence sanitaire, n’a-t-il pas relevé que la bombe de la transmission communautaire reste pour le moment non désamorcée ? Seul un dépistage de masse permettra de maîtriser ce mode de transmission qui a déjà fait ses preuves dans les pays submergés par le nombre de cas.

L’Allemagne, nous le rappelons, l’a très tôt compris et fait pas moins d’un demi-million de tests par semaine. Ce pays européen a enregistré 722 décès sur 73.522 porteurs. Un résultat assez satisfaisant comparé au décompte macabre qui prévaut actuellement en Italie qui est aujourd’hui le pays où le COVID-19 fait plus de victimes avec au total 13155 morts, à la date du 1er avril.

La même option est prise par la Corée du Sud qui, de deuxième pays le plus touché occupe actuellement la 14e place avec seulement 165 décès.

Invité de l’émission Jury du Dimanche sur I Radio, le Dr Coumba Touré Kane a préconisé le dépistage de masse pour endiguer cette pandémie au Sénégal. « En tant que virologue, ce que je peux conseiller, c’est vraiment d’accélérer et d’augmenter les tests. Il faut tester tout le monde. On doit tous nous soumettre au test. Ceux qui n’ont rien, on peut les soumettre au test de sérologie rapide.

Ce test permet de voir si la personne a été en contact avec le virus et de mesurer l’ampleur de l’infection au sein de la population. Actuellement, tout le monde devrait le faire pour endiguer ce fléau. On est arrivé à un stade où il faut considérer tout le monde comme suspect, pouvant être porteur de ce virus», a renseigné la virologue dont l’inquiétude trouve son origine sur la non maîtrise de la chaîne de transmission.
Qu’est ce qui explique donc la réticence de l’Institut Pasteur qui, pourtant, prétend pouvoir aller jusqu’à 1000 tests par jour ?

Rappelons que Institut de recherche en santé de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef) a été admis dans le dispositif de test de diagnostic. Mais selon nos informations, son implication reste timide par rapport à ses capacités de plus de 1000 tests par jour.
N’est-on pas en train d’assister à une guerre de tranchées pour le contrôle du dispositif de test de diagnostic ?

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