Entretien – Souleymane Ndéné Ndiaye revient sur sa relation avec Macky et parle du règne de Wade

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Vous avez été Premier ministre et actuellement, proche collaborateur du président de la République, Macky Sall. Quels sont, selon vous, les critères qui comptent dans le choix d’un ministre ?

Le premier critère, c’est l’engagement politique, le deuxième, c’est la compétence et le troisième, la confiance que le président de la République peut avoir en celui ou celle qu’il veut nommer. La personne doit inspirer confiance au chef de l’Etat.

Il est arrivé, parfois, que des ministres ne durent pas à leur poste, qu’est-ce qui explique cela ?

C’est le président de la République qui nomme les ministres, sur proposition du Premier ministre. Il surveille le travail de chaque ministre. Quand il se rend compte que celui-ci ne remplit pas la fonction qu’il occupe convenablement, le président de la République peut se débarrasser de lui. Pour ce que j’en sais, il est arrivé que le Président Abdoulaye Wade se débarrasse de ministres parce qu’il estimait que ces derniers ne lui donnaient pas satisfaction. Et après, il me disait que tel ministre ne me donnait pas satisfaction.

Mais il y a eu des cas très particuliers, comme celui de Marie Lucienne Tissa Mbengue, qui n’a même pas fait 48 heures dans le gouvernement. Qu’est-ce qui peut expliquer ces déconvenues?

Pour ce cas précis, à l’époque, je n’étais pas dans le gouvernement. Mais je pense que c’était une erreur de casting. Parce qu’il arrive qu’une personne pressentie pour occuper des fonctions ministérielles n’ait pas les compétences requises. La dame en question, était pressentie pour devenir ministre de l’Education nationale. Ce département, à l’époque, gérait tous les niveaux de l’enseignement, y compris l’Enseignement supérieur. Or, la personne en question était institutrice. Elle ne pouvait pas diriger des inspecteurs, des professeurs agrégés des Facultés, qui sont plus gradés qu’elle. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs, le plus souvent, le ministre de l’Enseignement supérieur est issu du secteur de l’Enseignement supérieur.

Avant de nommer les ministres, on entendait parfois parler d’enquête de moralité. Est-ce que ces enquêtes sont toujours d’actualité ? Est-ce qu’on y met toute la rigueur requise?

Ces enquêtes sont toujours d’actualité. Quand le président de la République et le Premier ministre conviennent de nommer une personne à des fonctions, il y a une Police qui est chargée de mener ces enquêtes-là. Mais comme vous le savez, l’enquête n’est pas sur la place publique. Elle est secrète. Le président de la République a toutes les informations concernant la personne, en général.

Durant tout le temps que vous avez été Premier ministre, est-ce qu’il est arrivé que le président de la République choisisse une personne et qu’avant la publication de la liste, vous vous soyez rendu compte qu’elle ne faisait pas l’affaire…?

Non, cela n’est pas arrivé. Je pense que la seule fois qu’on a nommé une personne qui n’a pas eu le temps d’exercer sa mission, c’était, peut-être, la fille de Pape Malick Sy, porte-parole du Khalife général de Tivaouane, Sokhna Sofiatou Sy. Évidemment, avant de nommer une personne, il faut la consulter. Je pense que c’était une erreur de ma part. C’est moi qui avais suggéré au Président Wade de la nommer. C’était une jeune diplômée qui pouvait bien assumer la fonction à laquelle elle était pressentie, mais nous n’avions pas, le Président et moi, pris soin de la consulter, la prévenir, prévenir peut-être même ses parents et Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum. On l’a vite remplacée.

Elle n’était pas consentante ?

Non, ce n’est pas qu’elle n’était pas consentante.  C’est beaucoup plus compliqué que tout ça.

C’était en quelle année ?

C’était en 2010-2011 quand le Président Wade a choisi de nommer beaucoup de femmes dans le gouvernement.

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