La face cachée de la prostitution chinoise dans le département

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En Chine, pays prohibitionniste, la prostitution est interdite, ce qui n’empêche pas qu’elle existe. Depuis 1997, la peine de mort peut être appliquée pour des faits aggravants de proxénétisme. Apparues dans notre région au début des années 2010, les prostituées chinoises restent très minoritaires et sont visibles essentiellement dans de pseudos salons de massage ou sur des sites prospérant sur Internet.

« Ce sont souvent des femmes pauvres, endettées, divorcées avec un parcours de vie »

 Arrivées en Europe, elles sont accueillies et hébergées. Contrairement aux autres proies des réseaux mafieux roumains, bulgares ou albanais, les Asiatiques ne subissent pas, en général, de violences.

« Elles savent qu’elles vont se prostituer. Je n’ai jamais vu de contraintes dans le milieu chinois », ajoute le gendarme. « Ce sont souvent des femmes pauvres, endettées, divorcées avec un parcours de vie, précise Anne Portier, avocate de l’association EACP (Équipes d’action contre le proxénétisme). Elles peuvent refuser un client mais doivent rendre des comptes. Elles ne parlent pas français et n’apprennent que quelques mots.»

Comment fonctionnent les réseaux

Les réseaux opérant avec des compatriotes depuis la région parisienne s’appuient également sur d’autres « chevilles ouvrières », maîtrisant parfaitement la langue française pour dénicher des appartements de passage, rédiger les annonces, etc. ou ayant des connaissances informatiques.

Les passes d’une quinzaine de minutes coûtant 100 € en moyenne, on imagine les sommes encaissées. Certaines filles peuvent gagner jusqu’à 900 € par jour et 6 000 € par mois, chaque intermédiaire prélevant bien sûr sa part. Entrent ensuite dans la ronde les collecteurs de fonds qui recyclent cet argent sale pour l’expédier en Chine.

Dernière particularité de ceux qui trempent dans ces organisations : la pudeur voire la gêne avec laquelle ils évoquent leur activité. 

Dernière affaire en date : Princesse et les collecteurs

Photo d'illustration Le Progrès

Photo d’illustration Le Progrès

Dans cette affaire de proxénétisme aggravé et blanchiment, jugée dernièrement à Lyon, onze prévenus étaient convoqués à la barre :  dix Chinois et un Français. 

En tête, Litan Liu, 26 ans, alias Princesse. Condamnée à 30 mois de prison ferme, la jeune prostituée était considérée comme la principale animatrice du réseau de prostitution, démantelé entre Saint-Martin-d’Hères (Isère) et Roanne (Loire). Elle gérait notamment les annonces et avait recruté des standardistes bilingues pour répondre aux appels des clients. À partir d’un site web, des étudiantes avaient été recrutées et logées pour se prostituer.

Une affaire de famille

 Sur les onze prévenus jugés, dont dix ressortissants chinois, le tribunal a retenu le proxénétisme ou le blanchiment d’argent, selon les cas. Parmi eux, Xianan Luo, 53 ans, décrit par le procureur comme le « stéréotype du collecteur chinois », son fils Cong Luo, 28 ans, ou encore Kun Xue, 28 ans, la belle fille considérée comme « un maillon essentiel » par l’accusation. Une affaire de famille.

Quant à l’agent immobilier Christophe Ecard, 50 ans, le seul régional poursuivi, il a été condamné à 18 mois d’emprisonnement, dont 12 avec sursis, pour avoir loué trois appartements.

Pour un Chinois, la prostitution c’est honteux. Il y a une impossibilité culturelle à admettre son implication. 

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