L’Afrique ne peut pas se permettre une deuxième vague de coronavirus (OMS)

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que l’Afrique ne peut pas se permettre une deuxième vague de Covid-19, affirmant qu’elle serait particulièrement dévastatrice pour l’économie.

Cette mise en garde intervient alors que les infections continuent d’augmenter dans de nombreux pays qui ont récemment assoupli leurs restrictions.

L’organisme de santé a déclaré que le virus sera hors de contrôle si les pays africains continuent à s’ouvrir sans que des systèmes d’intervention et de protection adéquats soient mises en place.

Il a également mis en garde contre un retour à l’enfermement – que le continent ne peut se permettre.

Le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Matshidiso Moeti, a également déclaré que des mesures sont en place pour garantir que le continent reçoive sa juste part de tout vaccin développé.

L’Afrique a signalé plus de 1,6 million de cas de coronavirus depuis le début de la pandémie, qui a fait plus de 39 000 morts.

Le Centre africain de contrôle des maladies (CDC) de son côté a averti que plus de 800 millions d’Africains pourraient être infectés par le coronavirus, si on laisse le virus se propager délibérément dans le but d’obtenir une immunité collective.

Cette projection est le pire des scénarios. Cela pourrait mettre en danger la vie de 8,4 millions d’Africains si l’immunité devait être obtenue naturellement, a ajouté le CDC Afrique.

L’immunité collective est une situation dans laquelle une proportion suffisante d’une population est immunisée contre une maladie infectieuse par la vaccination et/ou une maladie antérieure pour rendre sa propagation d’une personne à l’autre peu probable.

Un volontaire de l'ONG Rays of Light (G) livre de la nourriture et des produits de nettoyage à une femme âgée (D) vivant seule à Alexandra, Johannesburg, le 16 avril 2020.

Wessam Mankoula, le responsable de l’incident pour Covid-19 au sein du CDC Afrique, a déclaré à la BBC que le risque de donner délibérément au virus une voie de propagation aura un coût humain élevé.

« Sur un continent de plus de 1,2 milliard de personnes, cela signifie que nous laisserons l’infection toucher entre 720 et 840 millions de personnes pour atteindre cette immunité collective », a déclaré le Dr Mankoula.

« Si nous disposons d’un vaccin, nous pourrons contrôler les infections. Sans lui, notre système de santé sera vulnérable avec un nombre énorme de cas. Nos hôpitaux seront également débordés », a-t-il ajouté.

Plus de 1,5 million de personnes ont été exposées au coronavirus en Afrique.

Le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom, a déclaré aux journalistes lundi que compter sur l’obtention naturelle de l’immunité des troupeaux serait problématique sur le plan scientifique et éthique.

« L’immunité collective est obtenue en protégeant les gens contre un virus, et non en les exposant à celui-ci », a-t-il déclaré.

« Jamais dans l’histoire de la santé publique, l’immunité collective n’a été utilisée comme stratégie pour répondre à une épidémie, et encore moins à une pandémie ».

Selon l’OMS, pour que l’immunité soit obtenue, il faudrait qu’au moins 60 à 70 % de la population soit immunisée contre le virus.

Le CDC Afrique et l’OMS affirment tous deux que le continent a bien réagi à la pandémie. Ils attribuent cela aux mesures de confinement strictes qui ont été imposées aux premiers stades de la pandémie.

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