Sidy, le Grand (Par Bougane Gueye Danny)

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Digne, il l’a été et l’est resté. Sidy Lamine a choisi l’aurore pour parler à son peuple de l’horreur du monde et précisément des exactions commises dans le proche et moyen orient.
« Si chaque musulman versait une goutte d’eau sur le feu qui consume nos frères Palestiniens, leur souffrance prendrait fin » ! Cette phrase répétée à souhait par le promoteur de Walfadjri prouve à suffisance combien il s’était engagé dans un combat que peu de compatriotes comprenaient à l’époque. On l’aurait, en ses débuts des années 1980, assimilé à un apologiste du terrorisme. Sidy était en avance sur bien des problématiques. Il était combatif parce que sachant combattu par des cercles de pouvoir qui, jusqu’aux derniers moments de sa vie, ont cherché à l’asphyxier, à le tuer économiquement pour briser sa plume et casser sa voix.

Père vertueux, il a donné de sa vie pour préserver la vie de ses enfants. Père vertueux, il a éduqué ses enfants selon les rigueurs islamiques afin qu’ils assument leurs responsabilités dès leur sortie de l’adolescence. Père vertueux, il a fait du travail son credo pour gagner honnêtement sa vie. Père vertueux, il a tenu à respecter sa parole en honorant, malgré la maladie et la douleur, ses engagements lors du dernier Maouloud allant jusqu’à demander à son fils de l’accompagner pour délivrer son discours au cas où le mal ne lui permettrait pas de prendre la parole. Père vertueux, il a refusé les compromis avec les cercles de pouvoir en prêchant après Henry Beuve Mery que « les moyens de vivre ne doivent pas compromettre les raisons de vivre ».

Homme multidimensionnel, leader transversal, apôtre de la paix, bâtisseur méthodique, créateur de talents, le Mollah des opprimés aura dédié sa vie à la cause humaine. On peut ne pas l’aimer pour ne pas l’avoir compris. On peut ne pas partager ses points de vue pour ne pas avoir les mêmes intérêts. On peut ne pas le supporter pour ne pas avoir porté les mêmes idéaux mais on ne peut lui dénier sa qualité d’homme de foi, de principes, de courage, de vertu et simplement d’humain.

Le Mollah s’en va. Il aura, jusqu’à la dernière minute, tenu à servir son peuple, son public, sa religion et son monde. Il avait prédit son départ un mardi. Allah, Tout puissant, le lui a accordé. Ce n’est pas une coïncidence, c’est un signe divin. Qu’on me permette enfin de saluer la grandeur de l’homme, sa dignité face aux épreuves de la vie. Il aurait pu demander de l’aide voire de l’assistance. Qu’on me permette de violer un secret : Sidy a cassé sa tirelire pour prendre en charge tous ses frais médicaux. Il ne voulait pas offrir à ses adversaires l’opportunité de profiter de sa mort pour se refaire une virginité amicale. Le Mollah a vécu et est parti dans la dignité.

A l’instar de Shakespeare, je lui dirai « mieux vaut mourir incompris que passer sa vie à s’expliquer ». Il restera de ce grand homme ce qu’il a semé et ce qu’il a semé germera. Je vis un silence qui hurle, j’admire ce grand homme, une admiration plus forte que la mort. Sidy Lamine qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit, mais un immortel qui commence.

Adieu le Mollah…

Bougane Guèye Dany

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